BAUTAIN, op. et loc. cit
que vous allez traiter ; que, pour un grand nombre, ces vérités, mal apprises ou depuis longtemps oubliées, ont tout l'attrait de la nouveauté ; que les plus intelligents et les plus instruits seraient fort embarrassés s'ils étaient
obligés de prendre votre place et de parler, à :
l'instant même, sur le sujet que vous avez consciencieusement préparé. Vous serez plus rassurés encore, si, Comme je vous l'ai con-
seillé, vous savez vous affranchir de toute
préoccupation de succès ou d’insuccès, n’attendant rien des hommes, mais tout de Dieu, juge suprème de votre parole. Enfin vous triompherez de toute timidité en invoquant avec ferveur l’invisible intermédiaire qui parle aux àmes en même temps que vous, et qui, pour vous récompenser de votre humble et filiale confiance, vous épargnera la honte de rester au-dessous de votre tâche.
Je ne vous dirai rien de la dernière préparation physique. S'il vous faut suivre un régime et vous faire une hygiène, arrangez cela avec votre tempérament, votre constitution, vos habitudes. Si vous avez besoin de tisanes, sirops, élixirs et autres ingrédients
pour fortfier votre poitrine, calmer vos nerfs,
éclaireir votre voix, consultez les médecins. Je
ne me permettrai qu'une toute petite observation sur l'usage des boissons excitantes. On en prend pour se donner du courage, mais on risque de se troubler l'esprit et la mémoire. J'aime mieux de copieuses et ferventes libations d’oraisons jaculatoires : « O Dieu, ma lumière et ma force! — Venez à mon aide, hâtez-vous de me secourir ! — Seigneur, ouvrez mes lèvres, et ma langue chantera vos. louanges ! — Venez, Esprit-Saint, visitez mon
àme, allumez-y le feu de votre saint amour! » Et
beaucoup d’autres encore. Ajoutez à cela bon
. nombre d’Ave Maria en l'honneur de la Vierge-
Mère qui a répandu sur le monde la lumière éternelle. On demandait à un de nos prédicateurs ce qu'il prenait avant de monter en chaire ; et lui, souriant, montrait son rosaire : « Voilà, disait-1l, mes gouttes d'élixir. »
Prenez-en beaucoup avant de parler, pendant que votre discours se repose tout doucement
en votre mémoire, et quand vous entendrez le
dernier signal qui vous appelle en chaire, dites
. au fond de votre cœur : « À Dieu va! Zn manus luas, Domine, conmmendo spuritunr meum !... »
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