‹ Avant - pendant - après la prédiction, conseils aux jeunes ecclésiastiquesChapitre 70 sur 145 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Attachons-nous au conseil de l’Apôtre, au

commandement qu'il nous fait de ne pas rece-

voir en vain le don de Dieu. Le temps est favorable : — Le Carême. La grâce est abondante : — L'Eglise, en ce temps, nous ouvre ses trésors. La disposition de nos volontés est plus avantageuse, en ces jours sanctifiés par la piété des fidèles. |

Disons donc à Dieu, comme David : Dixi, nunc CŒpi. |

Voilà un exemple que vous pouvez multiplier vous-mêmes dans vos études préparatoires.

Par là, vous vous rendrez capables de cons-

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truire des plans solides et féconds, à l'instar des grands maîtres de l’éloquence sacrée.

Dans cette construction, ne perdez jamais de vue le point de départ, n1 le terme, et entre ces deux extrêmes, posez bien la question.

On a justement dit : « C’est déjà résoudre une question que de la bien poser. »

Cherchez avant toute chose la clarté, l’ordre, la génération logique des pensées et de leurs développements. |

Prévoyez, par desindications, lesmouvements oratoires qui devront animer le discours.

Tenez-vous en garde contre un excès de méthode. Ne vous ingéniez pas à donner aux parties de votre discours des proportions égales et à établir entre elles un parallélisme méticuleux et purement artificiel.

Quant à l'exécution matérielle du plan, c’est affaire d'industrie privée. Les uns se servent d’un tableau à compartiments ou à accolades, les autres de feuilles séparées. Peu importe : «Si le plan est bien conçu, dit un ancien, l'abondance et la facilité de bien dire ne vous manqueront pas : Si recte rem conceperis, nec facundia dicendi, nec sermo deseret ullus. »

Le plan est construit, il s’agit de le développer. Servez-vous pour cela de vos travaux personnels, des cueillettes dont vous vous êtes enrichis, et si vous avez besoin d’un excitant, lisez quelques beaux et bons discours sur le sujet que vous voulez traiter. Quand vous vous sentirez à point, commencez à écrire.

Vous pouvez laisser de côté votre exorde, vous y reviendrez lorsque votre discours sera terminé. Cette entrée en matière sera d’autant plus précise et capable de fixer l'attention de vos auditeurs que, selon le conseil des maîtres en l’art oratoire, vous l’aurez prise dans les entrailles mêmes de votre sujet : Principia ex visceribus causæ sumenda sunt 1. L’exorde doit être simple, si ce n’est dans de rares circonstances où la brusque véhémence, la solennité, la pompe, les précautions adroites et les insinuations habiles s'imposent.

Un exorde simple amène naturellement votre proposition. Faites en sorte de la rendre si claire que l’auditeur y voie l’unité de votre sujet, si féconde que la division s’y trouve

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