Ps
3.« Non quod sufficientes simus cogitare aliquid a nobis quasi ex nobis, sed sufficientia nostra ex Deo est. » (I Cor., 111, 5.)
tés que vous devez prêcher, et prêtez l'oreille aux paroles intérieures de Dieu qui vous encourage, vous éclaire, et vous promet de vivifier vos discours. « Intus audiat antequam prædicet : Que le prédicateur écoute intérieurement avant de parler, dit saint Augustin, sa parole sera vaine au dehors s'il ne la recue de la bouche de Dieu dans l’intime de son àäme’'. » Le recueillement de l’oraison est une si excellente préparation à la parole publique, qu’elle faisait dire à saint Antonin : « Le silence est le père des prédicateurs : Silentium pater predicatorum. » |
La prière qui implore, c'est l'élan d'un cœur humble qui, non pas une fois, mais cent et mille fois, avant et pendant le travail, demande à Dieu son assistance et ne trouve bon que ce qu'il a béni; lélan d’un cœur fidèle qui refuse de sacrifier à la science les devoirs de la piété.
Combien ils sont aveugles, ces travailleurs
4. « Intus audiat antequam prædicet. Verbi enim inanis est forinsecus prædicator, qui non est intus auditor.» (Sermo 179. NATALIS ALEXANDER, Institutio concionatorum, XI. n. Ltr1.)
acharnés qui, ne comptant que sur la peine qu'ils se donnent, font des économies de prières pour se ménager de plus longues heures d'étude! Du temps! du temps! il nous faut du temps, disent-ils ; nous n'avons pas le moyen de le perdre en d’interminables oraisons. Et les voilà, pensant comme Judas et disant de la prière ce que le disciple infidèle disait des honneurs rendus par Madeleine à la très sainte humanité du Sauveur : Ut quid perditio hæc ?
C’est plus qu’une sottise, c’est un blasphème.… C’est une sottise, car c’est oublier que Dieu peut nous faire trouver en un quart d'heure ce que nous aurons vainement cherché pendant deux ou trois heures de travail; c'est un blasphème, car c'est mépriser le secours divin et mériter que le plus opiniâtre labeur et les plus violents efforts d’une nature abandonnée à elle-même soient honteusement frappés de stérilité.
Ne commettez pas cette faute, mes chers amis. Priez beaucoup, priez souvent, priez avec ferveur et, selon le conseil de saint Augustin, « demandez à Dieu, qui aura béni votre travail, la grâce de bien dire ce que vous
aurez bien pensé : Oret ut Deus sermonem bonum det in ore ejus!. »
En priant pour vous, songez aux âmes que vous voulez instruire, toucher et convertir, et priez pour elles. Nous croyons leur parler directement, nous nous trompons, il y à entre elles et nous un truchement invisible qui explique, commente et complète nos discours. Nous serions moins contents de nous-mêmes et plus sûrs de nos effets, si nous pensions davantage à sa coopération. Non seulement il supplée à notre insuffisance, mais 1l redresse nos écarts et répare nos maladresses. En voici un exemple. |
Un prédicateur, de médiocre talent mais de grande vertu, prèchait une mission dans une.
petite ville peuplée de gens simples et croyants au milieu desquels un homme de beaucoup d'esprit faisait parade de son incrédulité.
Celui-ci, au sortir d’un sermon sur la Providence, dans lequel le pauvre prédicateur n’avait servi que de faibles arguments, lui envoya