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CHAPITRE QUATRIEME

Des marches.

Art, 1èr. Si la troupe en marche doit loger dans un édifice public, le chef du corps doit s'y rendre le premier, pour s'assurer s'il réunit toutes les conditions de salubrité. S'il a été infecté par des hommes atteints d'une maladie contagieuse, il faut aviser au moyen pour loger la troupe autre part, dûtelle bivouaquer, plutôt que de s'exposer au danger de la contagion.

Art. 2. Lorsque la troupe 'marche en été, elle doit faire en sorte d'être arrivée au gîte avant l'ardeur du soleil. Si elle était obligée de voyager toute

la journée, il conviendrait de faire deux grandes

idltes; car la fatigue réunie à la forte chaleur peut léterminer, même chez les soldats robustes, des t taques d'apoplexie, accident qu'on a vu ariver en Espagne, et tout récemment encore à Waer.

Art. 3. Quand elle est en marche en hiver, penlant un froid très rigoureux, on doit empêcher soigneusement les hommes qui paraissent engourdis, iexester en arrière pour se coucher; sans cette prévoyance, ils s'endormiraient aussitôt et passeraient nevilablement du sommeil à la mort. Lorsque le Toid produit ces funestes effets, on doit faire accompagner les soldats jusques dans leurs gîtes, et ieur recommander de ne point s'approcher subitement du feu. Mais ils feront bien de boire, en arrivant, un mélange bien chaud d'un quart de vin avec trois quarts d'eau. Si un homme a quelque partie gelée, il faut la frotter doucement avec de la neige, ou laver avec de l'eau à la glace et ne rapprocher du feu que lorsqu'elle aura réouvre la chaleur et le mouvement (Voir asphixie par le froid).

Art. 4. Lorsqu'une troupe doit faire halte, il est nécessaire de choisir autant que les circonstances le permettent, su voir : en hiver un endroit découvert, sec, exposé aux rayons du soleil, et à l'abri du grand vent ; en été les lieux ombragés, pas trop frais, voisins des bois ou des rivières; mais quelle que soit la saison, il faut s'éloigner principalement des endroits marécageux, et des terres nouvellement remuées.

Arrivés a la halte, les militaires qui auront très chaud ne devront éftncher leur soif qu'après quelques instants de repos ; ils ne quitteront point leurs habits pour s'exposer à la fraîcheur de l'air. Cet avertissement s'adresse particulièrementàl'homme en ftueur.

Art . 5. Les militaires qui voyagent dans un pays aride et chaud, sont ordinairement très altérés ;

Peau qu'ils boivent avec avidité provoque chex eux des sueurs abondantes oui ne font que les affaiblir et augmenter la soif. Il faut, pour obvier à cet inconvénient , qu'avant de partir du gîte, le chef de corps ordonne à tous les militaires de se pourvoir de bon vinaigre), ou mieux encore d'eau-de-vie, pour la mêler avec de l'eau. Par ce moyen, ils se désaltéreront plus facilement, et empêcheront le développement de bien des maladies souvent fort graves.

Art. 6. A la fin des marches, surtout pendant la chaleur, il faut recommander aux soldats de se laver le visage et les yeux. Ils doivent aussi se laver les pieds toutes les fois que les circonstances le permettent. En été, au séjour comme en garnison, ils se baigneront de temps en temps dans uue eau courante. Le moment le plus convenable pour le bain, est le matin avant déjeuner, et non après l'exercice, ou après une longue marche.

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