SOUVENIRS
Du but de la Cavalerie légère.
D. Quel est le but de noire cavalerie légère en campagne P
R. D'éclairer et de protéger la marche de notre armée,
D. Comment atteinlrelle ce but?
R. En devançant dos colonnes, éclairant leurs flancs, les entourant et couvrant d'un rideau vigilant et courageux ; suivant l'ennemi pas à pas , le harcelant, l'inquiétant, éventant ses projets, épuisant ses forces en détail , détruisant ses magasins, enlevant ses convois, et le forçant enfin à dépenser en défensive la puissance offensive dont autrement il aurait tiré ses plus grands avantages.
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Du Chef en campagne, de
vom&et.
D. Que signifie le mot chef ?
R. Il signifie tête, exemple.
D. Quelles sont les qualités premières d'un commandant de cavalerie lé frère, le four de l'action ?
1° Le sentiment juste, l'appréciation froide, mathématique de ses forces matérielles et de celles ennemies. "
2° La rapidité et la sûreté du coup-d'œil qui embrasse et reconnaît les dispositions morales de la u$upe cfu'il commande, et de eelle qu'il attaque.
3° Le regard qui , de tel cote qu'il aborde un terrain , l'apprécie d'ensemble et dans ses moindres détails (te distances, tfaeciéletots, de jftsSibililés, d'impossibilités pour l'attaque , la défense et la >r«niite.
4° La promptitude de détermination et d'action.
5° L'élan qui et) lève tdut.
L»' fermeté qui ne désespère de ri et), et remet les pat liés les plus désespérées;
7° Le sang-iroid qui ne fausse jamais le regard1, ét'fàit que iiossubordonnes ne vôieut que par nos yeùtf ; ajoutez à ces qualités, la bravoure qui donne Petfeiftple, et Injustice qui recompense bien, vous avess l'homme d'élite qut^ en toutes circonstances, tient dans sa main cent escadrons comme tin y les entraîne, les arrête comme un seul homme, enlève ou arrache la victoire, lui impose comme à une maîtresse.
Cette réunion de qualités s'appelle d'abord Ka-
DE l'officier. 27
poléon, puis Frédéric, Masséna, Soult, Ney, Klëber, Desaix, Hoche, Lannes. Morand, Lasalle.
La figure d'un chef est souvent consultée, il faut qu'il ne l'oublie jamais; il doit ne permettre d'y lire que quand H veut bien y laisser lire.
Ainsi, lors d'une expédition dont il a seul le secret , il faut que ses hommes ne percent ce secrst que quand il en est temps ; que le sang-froid de leur chef ne permette pas à l'inquiétude d'entrer dans leurs rangs.
D. Quelle est la place du chef dans une affaire?
R. Toujours au point de commandement.
D. Mais il peut y avoir plusieurs points de cornmandement?
R. Non ; il n'y en a qu'un pour le chef exercé ; ainsi par exemple , lorsque ce chef sur un champ de bataille, commande à plusieurs escadrons échelonnés qu'il va lancer successivement, il doit Se modérer et ne^as se mettre à la tête du premier à moins de circonstances particulières. Il est plus rationnel qu'il lance le premier et se mette à la téle du second, de celte manière if embrasse d?un coup d'œil l'ensemble de l'affaire, il tient dans sa main tout son monde auquel H a bien vite fait prendre part au succès en cas de réussite, et qu'il maintient, utilement dans le cas contraire.
Si , par une circonstance particulière , il croît devoir marcher avec l'escadron de tête , il ne doit le faire qu'après avoir donné aux commandants des autres escadrons des ordres tellement précis, qu'il n'y ait pas doute dans l'action de telle manière qu'elle se présente, et, dès qu'il le peut, il doit revenir de sa personne aux escadrons qu'il a quittés. '
Dans une retraite, au contraire, le chef doit toujours marcher a l'arrière garde, en ayant soin de mettre à vant-gai de un des officiers sur lesquels il compte le plus, et d'encadrer aipsi sa
marche pour maintenir son ordre et ses allures.
Il est un cas où le chef doit marcher le premier à l'attaque ; c'est lorsque sa troupe est réunie soit en bataille , soit en colonne ; alors il enlève cette troupe et frappe le premier; la position prise, il quitte son rôle de premier soldat pour reprendre celui de manœuvrier.
D. Que doit faire le chef sur le terrain, sous le boulet et avant une charge ?
Passer une inspection morale de son régiment, se promener de la droite à la gauche à quatre pas de sa ligne, dire un mot à l'officier, au soldat, l'égayer, le stimuler, faire naître l'occasion d'appeler les hommes par leurs noms, et leur prouver ainsi qu'il ne les perd, ni ne les perdra de vue.
Sur un champ de bataille , l'homme est tout ce qu'il peut être ; il n'y a plus de voile, plus de détour; ses passions sont souveraines, son âme est déployée; y lit, qui sait lire et qui veut lire; là, l'iutrigue s'aplalit muette; les braves d'antichambres, les savants de salon, les Zielten de petite guerre (1), les galopeurs en temps de paix ne portent plus la tête si haut; là, malheur au visage qui pâlit sous tel ou tel chapeau ; aux épaulettes, aux galons qui se courbent sous le vent d'un boulet , au peu de franchise d'amour pour sa cocarde ; justice, complète justice est rendue; malheur à qui est condamné à ce tribunal de tous, où l'honneur seul préside , il ne s'en relève plus. Sous le feu , égalité par le courage , puis élection du plus brave enire les braves, par les braves, et celle-là ne fait rougir que d'enthousiasme et d'orgueil !
Il faut que le chef s'inspire à son régiment de telle façon que ses mouvements personnels enlèvent ou ralentissent l'action générale; que sa troupe fasse corps avec lui , que sa pensée soit la
(!) Expression de Lassai le.