DU COURAGE, DE LA LÂCHETÉ
oi, que conduit sur les derrières, il soit remis à la wévôté.
On a dit avec justesse : ce n'est pas mépriser la rie, que de lui préférer l'honneur. C'est esiiiaer 'honneur ce qu'il vaut. A Waterloo, lou ]i e MM. le Bourmont, Clouet, etc., si tristement célèbres, eurent passé à l'ennemi, nous voyons une battene de notre garde se précipiter au gaiop sur les \nglais! Duchand déserte, s'écrie l'empereur! Duchand déserter !!!.. Il se plaçait h quart de portée, réunissait sur lui tout le feu ennemi, et démontrait par des monceaux de morts anglais l'injustice irréfléchie du grand homme ! Brave Duchand, inscris sur tes armes, Duchand déserte !
246 DE L'EtfFÉT BtORAtj
Dô l'Effet môi^ai, dù Mbfcil.
D. Qu'est-ce que V effet moral en guerre ? ,
R. Le sentiment irréfléchi de sa force ou de sa faiblesse» Celui qui, de prime abord* donne confiance ou terreur.
D. Qu'est-ce qui a le plus d'empiré sur luiiant son sens défavorable ?
R. La surprise.
D. Qu'est-ce qui le modifie ?
R. La nature plus ou moins ferme de l'âme qui le reçoit ; nature qui appelle plus ou moins vite, à son aide, la réflexion, et ses puissantes ressources.
D. Dans le cas où ce sentiment agit par la terreur, que produit-il T
R. D'abord l'absorption des facultés morales et physiques ; puis l'hésitation ; [puis le besoin de sa propre conservation.
D. Quand il agit par la confiance ?
R. Il décuple les forces ! c'est ce sentiment agissant dans son double sens qui, en 1806, faisait rendre six mille Prussiens armés de deux cents pièces de canon, derrière les murailles de Stettin, à cinq cents hussards français, dont la témérité confiante ne doutait pas du succès.
L'effet moral n'estjamais également réparti dans son double sens, entre deux troupes qui se font face. L'une a confiance, l'autre terreur ; et la terreur de l'une est toujours en proportion exacte de la confiance de r autre.
L'effet moral est pour les trois quarts dans la
puissance de la ffcavalerie ! Ne l'oubliez pas, et en conséquence agissez toujours vigoureusement, et rapidement sur le terrain. Deeette matoière, toute hésitaiibrt disparaîtra. Tout équilibre dangereux sera troMpu, et vos Succès enlèveront de tout leur poids la balance !
D. L'effet moïal êsr~il à ta disposition du chef?
R. Oui, fôuvént ; quand ce chef est complet. GJeét-à-tiire; qu'il a la confiance intime, entière, * qui l'investit dtt droit de voir* de penser , d'agir pOùfr tous.
D. Dans te bas> V effet moral peut dont être maîtrisé et détruit par une puissance subite, comme lui?
R. Tous ses rayons viennent se briser réunis sufr le pbittt intermédiaire qui ë&t le chef; il a changé de cahsfe. Le soldat nè rëgardë plus l'ennemi ni le danger, toâîs ce fchef, etil se dit: C'estpossiblequ'il faise cTMud ; Vnais il hous râihèÀera bien, lui! il ne boùfie pasy iiotre àffaire est bonne 1 1l èouriL nous allons leur couper tèi teins ! Et si le chef réfrôtod à cette Jtettséë qù'ii â prefeèntie longtemps d'avance, par ces mots prononcés froidement) pelâlôrix dertti-tôur à gauche. — Au pas. La retraite s'exécute avec le plus grand ensemble : lté boû^eons pas9 enfants ! Ils ne bougent pas. IU sont à nous; chargeons ! L'ërinehiiëst perdu 1
Et si dâhèuûe surprise dé huit siir hos bivouac*, le désordre est à son (comble, que cëttë même voit du chefcHë : À iriàï chasseur* A droite alignement. Apprêtez armes. Cette voix reconnue, fôbéîe, aï* rêtë cOàrUa conftisiort, et téttvfersela peur, et l'fennemi !
Je le répété, dés qûé la ligne dé l'effet moral qtii, prompte èt directe, vole électriquement dé la cause à l'impressibn; peut ëfrë rompue par un intermédiaire, comme la confiance ibspirée par un chef, ses effets ne sont plus à craindre.
248 de l'effet moral,
D. L'effet moral n'est-il produit que par Us causes subites ?
R. Il peut être produit aussi p*r des causes lentes et suivies ; comme, dans le sens favor.ible, par la réceplion de bonnes nouvelles, les récompenses ; et dans le sens défavorable, par la fatigue, les privations, le soupçon de trahison , la continuité des pertes sous le boulet, la vue des morts et des blessés, etc. Dans ce second cas, la puissance morale du chef est de grande ressource, surtout si elle s'appuie sur F esprit de corps, et si le diapason de Vâme du régiment est monté haut et s'y soutient de longue date.
D. Que faire lorsque de bonnes nouvelles circulent dans les rangs ?
R. Vous les laissez circuler; vous les appuyez même. Cependant, dans certains cas où elles vous paraissent plus que douteuses, vous les commentez froidement, et publiqùement, afin que l'effet produit plus tard parla reconnaissance de leur fausseté, ne soit pas trop vif.
D. Si ce sont de mauvaises nouvelles qui se répètent ?
R. Vous faites venir celui qui les a apportées, l'interrogez sévèrement ; et si vous jugez qu'il y ait dessein de nuire, vous punissez exemplairement le traître. Si cet homme n'est qu'un homme faible, vous le tancez vertement, et l'envoyez sur les derrières, à la première occasion.
D. Si le boulet failde nombreuses blessures dans vos rangs ?
R. Vous faites hâter le transport des blessés aux ambulances.
D. S'il y lue beaucoup d'hommes ?
R. Vous exécutez un léger mouvement en avant, ou sur le côté, de manière à masquer les pertes faites, par un rideau quelconque -, puis vous faites appuyer et recompter vos rangs , et distrayez vos