‹ Avant-postes de cavalerie légèreChapitre 33 sur 143 · DB L'EFFET MORU · texte numérisé non relu

DB L'EFFET MORU

qui , par son ealme , lui impose , et la tait échouer complètement, est aussi à remarquer, et ne peut être mieux comparé moralement qu'au regard ou chat qui , attaqué par un dogue , arrête court son redoutable ennemi, seulement en le fixant.

Telles armes imposent plus que d'autres. La lance est celle qui possède avant toutes , celte puissance morale.

A Valerloo , nos quatre régiments de la garde se trouvaient sur la même ligne. Les Anglais chargent celte ligne. Nous autres lanciers croisons la lance; à ce mouvement, l'ennemi démasque spontanément notre front , pour se jeter sur les régiments à armes courtes.

Quoique je Taie dit au chapitre des Charges, je crois devoir encore répéter qu'un des moyens les plus puissants d'agir sur le moral de l'ennemi qu'on attaque, c'est de ne mettre le sabre à la main , ou de ne croiser la lance , qu'à courte distance de lui. . # . ,

Un cavalier poursuivi , qui sent qu'il n'y a pas parité entre les forces de son cheval et celles de celui de son ennemi, doit menacer froidement du bout de son pistolet le cavalier qui le poursuit. Rarement cette menace manque son eflet. Daus une mêlée où il y a du choix pour frapper, on n'attaque jamais l'homme qui montre le plus de Tolonté et de sang froid.

Les troupes qui se démoralisent le plus facilement sous les blessures sont les Autrichiens. Cela tient à leur molle nature et aux uniformes blancs qu'ils portent, et sur lesquels marque la moindre tache de sang.

On ne peut avoir trop de soins pour les blesses. 11 faut leur porter de prompts secours, leur adresser une parole de consolation, et les remettre promntement aux mains d'un ou deux hommes, pour les conduire aux ambulances. Ces deux bon)*

DU MORÀik. 253

les ayant rempli avec soin cette mission de pitié, ^viennent rapidement au feu.

De même qu'il est deux courages, l'un instinctif L inné, l'autre réfléchi et acquis; de même il existe ans les récompenses deux actions, dont le double intiment ne doit jamais être divisé par le chef ui accorde : la première est celle de la justice, la ;conde (et la plus importante) est celle de l'exemle. Tout chef qui récompense doit donc peser nnsciencieusement les droits de chacun, et condérer le fait plus encore que les efforts. Il est très doux de récompenser le mérite, il est lus essentiel encore de frapper la masse par exemple de la récompense. Que la justice préside cet exemple, afin que la masse soit excitée par îi, au lieu d'être découragée; la discipline et l'émsont les résultats de l'accomplissement de cette )i.

Que la récompense ne se fasse pas attendre quand lie est méritée, son à-propos double son prix, dans a double sens de l'action.

Comme se présente d'abord le chef de tout rade, il est accepté. Que ce chef, dans l'intérêt le sa puissance morale, ne l'oublie pas, et qu'il s'arange en conséquence pour n'avoir rien a se coriger plus tard. La dignité et la force du commanlement en dépendent.

Il ne faut pas qu'un chef fasse dire de lui par le soldat : C'est un bon enfant^ parce que faible est K>us-entendu; mais bien : Il est jusie, il est huwain, il est le père du soldat; mais il ne faut pas lut manquer, car il ne manque personne.

Un chef doit tout voir d'un coup d'œil, dans son régiment. Il sait d'avance où sont les bons et les mauvais serviteurs, et par conséquent les bons et es mauvais services. La connaissance moralè qu'il * des hommes sous ses ordres classe et simplifia infiniment cette inspection.

251 DE L'EFFET moïul,

Que celte connaissance ne le prérienne cependant pas jusqu'à le rendre injuste.

Le chef doit tenir grand compte à l'homme qui se corrige.

Souvent on croit cacher quelque chose h Tm du chef ; qu'on se détrompe ; il voit, mais il ne veut pas voir. Qu'on s'observe néanmoins et qu'on se corrige ; car le jonr où il prouvera que rien ne lia est échappé, et ne lui échappe , il fera revenir sè^ chemeni de Terreur dans laquelle on sera resté sur son aveuglement.

Qu'un chef se corrige d'un ridicule comme (Tun vice*

Les succès d'une troupe, pendant toute une campagne, dépendent presque toujours de la minière dont on Ta engagée dans la première aflaire. Si le chef la fait battre au début, le pacte de coafiance est rompu, le charme est détruit, et il feot des circonstances imprévues et bien heureuses pour rétablir équilibre et élan.

Si, au contraire, cettre troupe a été engagée ha bilement ; qu'elle ait pris l'ennemi du fort au faible; qu'elle ait mordu sans être mordue : elle ne doute plus de rien ; vous po uvez en toute confiance la lancer dans les expéditions les plus difficiles, elle s'en tirera glorieusement.

La réputation méritée que se fait une troupe court rapidement dans une armée. Si vous avez l'honneur d'appartenir à ce brave régiment, les jouissances de votre amour-propre n'ont point de bornes ! J'ai vu des corps applaudis par toute une armée ! on leur criait bravo dès qu'ils paraissaient en ligne! on se débandait pour aller serrer les mains de leurs braves ! Et quel élan leur présence n'inspirait-elle pas ! Il est avec non*, criait-on; » avaniy la victoire est sûre !

Et si des bjessés de ce régiment revenaient

Googlcj

Page 1