‹ Avant-postes de cavalerie légèreChapitre 43 sur 143 · IT EMBUSCADES · texte numérisé non relu

IT EMBUSCADES

haut. Dès lors, le fruit de vos peines, de vos fatigues, est perdu; vous êtes reconnu, et souvent très exposé.

Songez qu'une troupe embusquée est presque toujours en l'air, dans une position critique; qu'elle risque pour ainsi dire le tout pour le tout. Tel détachement de cinquante hommes, qui, bien dirigé, bien patient, aurait jeté la confusion dans une colonne décuple de nombre, et fait une diversion des plus importantes, des plus décisives, s'il est aperçu, est p c i d u »

Le lieu de l'embuscade doit, pour ainsi dire, toujours être une fortication fermée à notre volonté du côté de l'ennemi, ouverte du côté de la retraite. Le terrain qui la sépare de l'ennemi doit être propice à un temps de galop, celui de la retraite Bien reconnu, et calculé pour le front de notre troupp en cas d'échecs.

Je ne parle ici que des embuscades peu nombreuses, et qui, malgré les prévisions, peuvent avoir affaire à plus fort qu'elles ne le pensaient. Quant à celles dont les forces sont supérieures, elles n'ont à veiller qu'à une chose, c'est a masquer leur présence, pour qu'aucun ennemi ne leur échappe. Après la réussite, elles ont le temps de se décider, soit à se porter en avant, soit à se retirer par tel ou tel chemin qu'elles connaissent également bien.

Au résumé, nous convenons qu'on établit des embuscades pour enlever des reconnaissances, pour attaquer des colonnes ou des convois, pour arrêter une avant-garde trop audacieuse, couper et » détruire une arrière-garde trop faible, pour surprendre un bivouac trop confiant, des ouvrages mal posés et éclairés, des i coupes mal disposées et aventurées sur un champ de bataille. Il est également convenu que la science de ces embuscades est tout entière dans la connaissance que nous

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ayons de l'ennemi, dans le choix du lieu de notre établissement, et le secret de notre marche pour nous y rendre.

La nuit est l'instant le plus favorable pour les embuscades, mais elle ne les favorise pas seule. Le temps est à considérer pour elles, aussi le froid, la neige, la pluie, un grand vent sont uiiles.

D. Pourquoi?

R. Parce que, par le froid, les hommes attaqués sont moins prêts, moins mobiles, leurs manteaux presque toujours déployés rendent leur ouïe moins fine. La pluie mouille les amorces et empêche les armes de partir. Un grand vent favorise la marche, surtout s'il vient du côté de l'ennemi, parce qu'il empêche qu'on entende le pas des chevaux.

Si vous avez à surprendre, profitez de ces indications.

Ainsi, si vous pouvez choisir votre route, tournez l'ennemi du côté opposé au vent.

Si vous surprenez surtout de l'infanterie, choisissez les temps de pluie.

Si vous surprenez la nuit, attendez l'instant où, les reconnaissances rentrées, la vigilance est moin* grande et le sommeil plus général.

D. Dans une surprise de nuit sur un bivouat, que faut-il faire ?

R. 11 est prudent à un chef d'embuscade, avant de surprendre la nuit un bivouac, de faire porter \ ses hommes et de porter soi-même un signe de reconnaissance, tel qu'un mouchoir au bras gauche, une branche d'arbre, ou le plumet au shako, etc.; ce signe devra être d'autant plus apparent que b nuit sera plus noire.

^ Avec celte précaution, d'autant plus utile que l'ennemi porte un uniforme sombre et de même coupe que nous, on évite de sabrer les siens. Cela fait, le chef développe, non-seulement à ses officiers, mais à tous ses hommes, son plan d'attaque,

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