DES SURPRISES
En admettant que la surprise soit peu nombreuse, et veuille surtout effrayer l'ennemi, il faut alors qu'elle se serve beaucoup de ses pistolets ; que sou attaque soit prompte, que ses hommes crient, galoppent, ne lassent pas de prisonniers, et se retirent lestement.
Si, au contraire, la troupe qui surprend est appuyée, nombreuse, et qu'elle veuille enlever l'ennemi, il faut qu'elle soit silencieuse, qu'elle manœuvre, s'empare avec ordre des points importants, tels que la baraque ou le logement du colonel, les sorties du bivouac, du village, etc., et enlève surle-champ les chevaux et les grand'gardes. S'il est indispensable qu'elle tue, qu'elle le fasse à coups de pointe.
D. Quel est le meilleur côté pour surprendre un
bivouac ?
R. Celui opposé à ses grand'gardes.
D. Dès que l'attaque a réussi, gue faut-il faire?
R. Faire filer lestement les prisonniers désarmés, sur leurs chevaux conduits en main et sous bonne escorte, qui, sous aucun prétexte, n'atten* dra le détachement, et regagnera l'armée.
D.Si l'attaque échoue, et qu'on batte en retraite?
R. Faire retirer lestement le détachement et sans s'arrêter. Laisser les cavaliers les mieux montés à l'arrière-garde, les jeter sur une fausse route pour dépister ceux qui les suivent. Ces cavaliers feront un feu nourri pour couvrir le bruit des pas du détachement, et une fois qu'ils jugeront que leur ruse a réussi, et que ceux qu'ils couvrent sont hors de danger, ils regagneront le détachement par un détour.
Si l'ennemi a bien choisi son bivouac, et qu'il soit difficile d'y entrer, la surprise doit s'effectuer d'une manière particulière. Ce qu'il faut, c'est de mettre J ennemi sur un terrain moins avantageux pour lui que celui qu'il occupe. Dans ce cas, divisez votre