ET EMBUSCADES
troupe en deux parties inégales, embusquez la plus forte ; que la seconde tiraille avec la grand'garde, et si l'ennemi sort, que la troupe embusquée eharge à fond.
Une attaque de nuit peut avoir un but moins sérieux, celui, par exemple, d'ajouter à la fatigue de l'ennemi en lui interdisant le sommeil. Dans oe cas* il ne faut que peu de monde ; borner sa surprise réelle à l'enlèvement de quelques vedettes ou petits postes, et pistoletter sur la ligne.
D. Si c'est vous que l'ennemi vient surprendre, que faites-vous?
R. Il est indispensable qu'un officier d'avantgarde qtii s'établit dans un bivouac avec la crainte que l'ennemi ne vienne l'y surprendre, prenne des dispositions particulières, à l'instant même de son installation. Ces dispositions sont celles-ci, surtout si sa troupe est peu nombreuse et éloignée de ses appuis.
Choisir son bivouac couvert, fortifié, pour ainsi dire, par un fossé, une barrière, des barricades, etc., de manière à être à l'abri d'un temps de galop, d'un coup de main.
Que des barricades mobiles ferment tous les abords du bivouac qui ne sont pas défendus naturellement, et que ces barricades ne puissent être reconnues ni enlevées par nous. Concentrer ce bivouac dans le moins d'espace possible.
Donner la consigne que si l'ennemi attaque, on ne courra pas à ses chevaux, mais qu'on se défendra à pied.
Assigner d'avance à chacun son poste au premier coup de pistolet et des vedettes.
Supprimer les feux de bivouacs, ou en faire allumer sur un faux emplacement.
Conserver une partie de ses chevaux bridés, et plus d'hommes éveillés.
Que tous les cavaliers aient la bride au bras, la
2»! DBS SURPRISES
giberne sur le dos, et le mousqueton sous la main.
D. Si le bivouac est dans une ferme ?
D. S'y enfermer, et, à l'instant de l'attaque, faire brider par quelques hommes, tandis que les autres tireront par les fenêtres, jusqu'à ce que, près à être forcés dans ce retranchement, tout le monde monte à cheval, et exécute d'ensemble une sortie vigoureuse et massée,
D. Si le bivouac est en plaine rase, et qu'il m soit garanti par rien ?
R. S'arranger de façon à être le plus tôt possible à cheval et réunis.
D. Si l'ennemi surprend des hommes isolés?
R. Ne pas s'étonner, ne pas courir & ses chevaux, prendre l'assaillant corps à corps, le fusiller à brûle-pourpoint, le pointer, couper les jarrets de son cheval, etc., se courber, se jeter derrière des obstacles, comme un fossé, un arbre, un pilier, etc., ne pas faire de prisonniers. L'homme a pied qui ne sf étonne pas est bien fort contre un cavalier qui l'attaque la nuit.
Les surprises de nuit sont, en général, plus effrayantes que dangereuses. L'effet moral est pour lcshuit neuvièmes dans leur réussite. Opposez leur donc un grand calme. Le calme et le silence de l'attaqué terrifient souvent l'attaquant de telle sorte, que l'effet moral se déplace, et que cet attaquant est invinciblement entraîné à la retraite.
D. Les surprises de jour sont-elles plus dangereuses que celle de nuit ?
R. Oui, lorsqu'elles réussissent ; parce que l'attaquant assure ses coups et juge la faiblesse de l'attaqué.
A ces surprises, il faut , avant tout, opposer un graud sangfroid.
Le jour de l'affaire de Maëroslawelz , dans la campagne de Russie, presque toute la cavalerie légère russe s embusqua sur les flancs de notre cch