DES ARRIÈRE-GARDES
d'abandonner la possession ; tenir plus ferme à tous les changements de direction de cette route, à tous Jes obstacles, à toutes les différences de niveau qui protègent du canon, en l'empêchant de pointer juste et de balayer directement la chaussée. Menacer quelquefois les pièces, et tendre des embuscades , si Ton juge qu'elles puissent réussir.
D. Si, dans la retraite, on rencontre un bois, que faut-il faire?
R. Feindre avec assurance de tenir, pour inquiéter l'ennemi sur les forces qu'il peut renfermer. Si l'ennemi s'arrête, il faut marcher à lui, et profiter le plus longtemps possible de son indécision, en prévenant toutefois la colonne de la halle qu'on fait, et des dispositions de l'ennemi, et ne s'exposant pas à être coupé. Si le détachement ne juge pas convenable de s'arrêter, il le fait dire à l'arrière-garde, qui agit en conséquence. S'il change de route, il laisse un sous-olficier à l'endroit où il quitte celle qu'il tenait pour jalonner la marche de l'arrière-garde.
D. Si c'est un village qui se présente ?
R. On en agit de même, et l'on profite du temps de halte pour le barricader avec des poutres, des charrettes, dont on arrache les roues, etcPour cela faire, on masque ses mouvements par un seul peloton qui garnit la route; on fait passer les autres en arrière de la barricade, à laquelle on ne laisse qu'une petite ouverture qui sert à la retraite successive, et par un, des cavaliers du peloton d'extrême arrière-garde , dès qu'il est menacé d'une charge. Si cette charge s'effectue, on l'attend à la barricade, et on la reçoit avec un feu de mousqueton ou de pistolets.
D. Quel soin a-t-on lorsqu'on établit des barricades ?
H. De les placer de uiauièrc à ce qu'elles ne puis-
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sent être facilement tournées; car alojrs elles nous
seraient plus dangereuses qu'utiles.
D. Si c'est un pont que Von rencontre ?
R. On le passe rapidement, et l'on tient en arrière. Si le pont est en bois, et qu'on puisse facilement le détruire, on lit aille pour protéger ceux des nôtres qui le détruisent.
D. Comment se détruit un pont de bois?
R. En arrachant les poutres qui forment son plancher, et qu'on a soin de jeter sur la rive qu'on occupe, ou en le brûlant. Pour le brûler, on place sous lui de la paille, des fagots, on l'enduit de goudrou si Ton peut. Cette opération est toujours lente.
D. Si c'est un gué qu'il soit utile de détruire, comment s'y prend-on ? r «
R. S'il est près d'un village, on tache de réunir des herses qu'on renverse daus le fond de ce gué, en les coulant les dents en l'air. On brise des bouteilles au fond du gué, on jette des arbres eu travers de la rivière, la tête de ces arbres du côte de l'ennemi, etc. Si I on ne peut détruire le gue, on le barricade oomme un défi é.
Si l'ennemi veut forcer le gué, ou feint de se retirer pour le laisser s'y engager, et lorsque sa lete de colonne est passée, on la charge vigoureusement, et on la culbute dans la rivière.
D. Si la rivière n'est pas guéable?
R. On la passe comme il est indiqué au chapitre Détachement.
D. Si on la traverse dans m bac, dans des bateaux?
R. On le fait comme il est dit au même chapitre; seulement on défonce les bateaux apiès s'en être servi.
Un officier d'arrière-garde ne doit avoir sons ses
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ov&t&ê que des hommes et des chevaux bien disponibles, parce qu'i4 ne faut pas que sa marche soil retardée par des causes individuelles.
Si dwe il se trouve avec lui dos chevaux trop faibles, il doit s'en débarrasser au plus vite, en les renvoyant au détachement.
D. Les soin* généraux d'un commandant d'arrière-qctrde sont donc ?
R. De retarder, par tous les moyens que lui suggère son intelligence, la marche de l'ennemi. D'empêcher l'ennemi d'apprécier la force et la composition de nos colonnes, ainsi que la pensée qui préside à leur marche. De modérer l'allure de ses chevaux, de manière à ne pas les essouffler, et à ramener tout son monde. De ne pas se laisser couper de la troupe qu'il protège, et d'être constamment en rapport avec elle. De soulenir'vigoureusement ceux de ses hommes, qui, pour remplir un devoir quelconque, auraient mis pied à terre, et de ne jamais se laisser acculer dangereusement en masse sur un défilé qu'on ne pourrait passer sans faire des perles.
D. Les arrière -gardes marchent-elles le jour comme la nuit ?
R. La nuit, elles se rapprochent de la colonne, surtout si la nuit est sombre, l'ennemi près, et si les habitants nous sont contraires.
D. Et si elles craignent de perdre la piste de la colonne?
R. Elles placent des cavaliers intermédiaires qui jalonnant la marche.
D. La troupe que protège V arrière- garde s'étant arrêtée pour bivouaquer, que fait barrièregarde ?
R. Elle prend position où elle se trouve, mais le détachement la fait relever promptement, parce qu'elle est en général trop fatiguée pour n'avoir
DBS ARRIÈRE-GARDES.
pas besoin d'un eniier repos. Elle rentre alors, et
se disperse dans les escadrons.
Les devoirs d'une arrière-garde se résument en ces trois mots, qui doivent être sa devise : Vigilance, Ensemble et Fermeté.
Les dangers que court une arrière-garde sont toujours en raison directe du plus ou moins d'ordre qui règne dans la marche des colonnes qu'elle protège.
Des Cantonnements.
D. Qu'est-ce qu'un cantonnement ?
R. Le logement d'une troupe à la veille d'une guerre, pendant un armistice, ou même pendant a guerre.
Dans les deux premiers cas, la cavalerie légère est cantonnée aux avant-postes de la ligne d'opération.
Dans le second, en arrière de la ligne d'opération. C'est ce qui arriva en 1807, pour la cavalerie du prince Murât, lorsqu'elle fut réunie sous Elbing et dans l'île de la Nogatey tandis que le corps de Ney la couvrait en se battant journellement sur la Passarge.
D. Comment place-t-on un cantonnement ?
R. En arrière d'un obstacle que l'ennemi ne peut franchir promptemeut ni facilement.
D. Comment asseoit-on un cantonnement ?
R. En réunissant le plus de cavalerie possible dans un même espace, mais cependant de manière à ce que les chevaux aient à manger et soient à couvert, car le but des cantonnements est toujours de se mettre ou de rester en état d'entamer prochainement une action sérieuse.
D. Comment se garde-t-il?
R. La proximité de Pennemi, l'imminence de ses menaces, sa force, h résolution et l'habileté connues de ses chefs, le plus ou moins de sûreté défensive de notre position, indiquent les mesures de prudence que nous devons prendre, la nécessité d'avoir des avant-postes, de les placer de telle ou