‹ Avec préface (volume 2)Chapitre 28 sur 114 · DESGRANOES, MADAME DESGRANGES, MADELEINE, HENRI · texte numérisé non relu

DESGRANOES, MADAME DESGRANGES, MADELEINE, HENRI

Madame Desgranges et Madeleine travaillant ll.'nri .ips>in»'/>, DESGR.KNGES.

Quel beau soleil 1 Un 15 novembre 1

HENRI, déclamant.

C'est un jour de printem])8 égare dans l'automne.

DESGR.\NGES.

Toujours artiste, mon gendre!

HENRI

C'est mon «Hal, cher beau-p»'*rc!

!. Ce tableau, quoique st* paré de l'autre par uiu ,.......,, .< ;.

ans, doit se jouer dans le même décor, et avec un très léger chaiv ment de co8tuni»\ pour iju.- rtMitr'.ict»' soit tr.'s «><iin-t.

DESGRANGES

Ah! çà, ma femme, parlons de choses sérieuses! Tu nous feras servir le dîner ici, dans cette verandah!

MADAME DESGRA.NGES.

Mais, mon ami!...

J'ai besoin de la salle à manger! (a Henri.) Mon gendre, allez-vous à Paris aujourd'hui?

HENRI

Peut-être !

DESGRANGES

Ayez soin de revenir de bonne heure : j'ai besoin de vous!

HENRI

Toujours à vos ordres, cher beau-père!

MADELEINE

Ahl çà, papa, quest-ce que tu as? Je te trouve un air mystérieux, triomphant...

DESGRANGES

Ajoute : rayonnant 1 . . . Fillette, combien y a-t-il de temps que vous êtes mariés?

MADELEINE

Après-demain trois ans.

MADAME DESGRANGES

Trois ans bien employés! Deux baptêmes dans ces trois

ans!

DESGRANGES

Eh bien, moi, mes enfants... il y a vingt-cinq ans aujourd'hui que j'ai épousé votre mère ! Aussi, ma femme, toutes voiles dehors pour ce beau jour! Un dîner, comme si j'étais gourmand! Ce soir, danse et musique!... J'ai invité tous mes amis de Montgeron, et même de Paris I Fillette, tu trouveras sur ton lit une jolie toilette toute neuve que j'ai fait faire chez ta couturière !

MADELEINE

Merci, père.

MADAME DESGRANGES

Et moi ?

DESGRANGES

J'ai fait remonter à neuf pour toi, et cela ne servira pas qu'à toi, tous les diamants de ma mère! Tiens! regarde ! (Il lui montre l'écrin.)

HENRI

Oh ! ils sont admirables !

DESGRANGES

Je le crois bien ! Sais-tu qu'ils ont beaucoup de prix . Notre voisin, le marquis d'Ormoy, qui est un amateur et un connaisseur, m'en a offert ce matin vingt-cinq mille francs comptant, si je voulais les lui vendre pour sa bellefille.

MADAME DESGRANGES

Vingt-cinq mille francs !

DESGRANGES

(Hi ! il y tenait absolument ! Je suis sûr que, si je les lui envoyais maintenant, il m'en donnerait trente mille! Mais il pourrait bien m'en offrir trois fois autant, il ne les aurait pas ! Car ils me n'présentent, ces diamants, ce que j'ai le plus aimé au monde, ma pauvre mère, qui me les a donnés pour toi, toi qui les a portés pour elle et pour moi, ta fille (jui les portera pour nous trois !. Eh bien!... Voilà que je m'attendris... maintenant !. Comme je n'y suis pas habitué, ça me dérange ! Va sci

rer tes diamants (M- Desgranpe» va serrer les diamants.), «^t mol

je vais prendre un peu l'air. (Appelant.) Jean ! .ie.-»n paraît! Mon cache-nez !...

JEAN, cherchant.

Je l'iii vu là ce matin, sur ce meuWe, Monsieur.

DESGRANGES, le cherchant.

11 n'y est plus!... (Riant.) Ah !... je devine !... je sais où il est !

HENRI

Et oïl est-il donc ?

DESGRANGES

Chez vous !... sur le berceau de monsieur votre fils ! ou bien au cou de votre fille !

MADELEINE

Gomment?

DESGRANGES, montrant sa femme en riant.

C'est elle qui me l'a pris ! Elle me prend tout pour vous !... Dès que quelque chose lui convient, elle le porte là-haut, dans votre nid,... comme la Gnzza ladraf... Madame Desgranges ou la Pie voleuse^ par amour maternel ! Ah !ahl c'est admirable !

MADAME DESGRANGES

Mais, mon ami!

Garde- le! je le leur donne!... (S'en allant en ri-ant.) Grand'mère! Pourquoi avez-vous de si grands bras?... C'est pour mieux dépouiller mon mari... mon enfant! Ah! ah! ah! (il sort.)

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