SCÈNE XI
L K s M K M K S, L A M H K H 1", rentrant par la porte lateraU*. KERVILER, allant .^ lui.
C'est moi qui suis M. de Kerviler !
LAMBERT
Trop tard !
KERVILER
Trop tard !
ANNE DE KERVILER. loi
LAMBERT, passant entre eux deux.
Ah I malheureux ! Pourquoi n'avoir pas compris ma pitié sous ma rudesse, et mes conseils sous mes menaces ?
KERVILER
Mais enfin !...
LAMBERT
Vous êtes condamnés tous deux !
KERVILER, avec désespoir.
Lui aussi !
LAMBERT
Le commandant vient d'arriver. Il a été implacable. Ils sont également coupables, a-t-il dit, l'un de s'être introduit dans la ville, l'autre de l'y avoir caché ! Ils mourront tous les deux.
KERVILER, avec désespoir,
0 mon ami! c'est moi qui vous perds!
MORÉAC, à Lambert.
Et ma demande?
LAMBERT
Refus formel.
MORÉAC, avec désespoir.
Ah ! je VOUS en supplie ! un prêtre!... Fusillez-moi, torturez-moi !... Mais ne me séparez pas de Dieu au moment où je remonte vers Dieu ! Songez que pour nous, Bretons, notre croyance, c'est notre vie même !
LAMBERT, avec émotion.
Je le sais !
MORÉAC.
Plus que notre vie, notre salut !
LAMBERT
Je le sais !
MORÉAC.
Vous ne voudrez pas tuer mon âme I
\o2 COMEDIES EN UN ACTE.
LAMBERT
Assez! assez! J'ai été prisonnier de Bonchamps î J'ai vu, la veille d'une bataille, tout un régiment s'agenouiller et prier. J'ai compris alors ce qu'était pour vous la présence d'un prêtre au moment de la mort, et tout à l'heure, plein de ce souvenir, j'ai supplié le commandant pour vous, comme vous me suppliez vous-même. Savez-vous ce qu'il m'a répondu ? — « Tu dis qu'il se croira damné « si je lui refuse un prêtre ! Tant mieux ! il n'en aura que
« plus peur ! » (Prenant la main à Moréac, et avec force.) FaitCS-lc
mentir et préparez-vous î Adieu !
(Il sort par la porte du fond.;