L M. RANG K
Je ne vous dirai pas que vous vous nuirez autant <ju lui par ce procès; mais il n'es! pas seul !...
M. DE Gl VHV.
Eh bien ! tant mieux, après tout 1... Ma vei, plus complète... car, faut-il tout vous dire enfin ? je ha M. de Lignerolles, entendez-vous, je le hais : el s choisi ce châtiment, c'est que je savais ainsi le bl< tellement, 1»' blesser dans son orgueil, le blesser dai siens.
L IGB \ n
Vous vous calomniez, monsieur!... non. vous n rie- pas dil que vous étiez heureux de flétrir touti famille pour mieux punir un coupable... non., vou poursuivrei pas ce pi o
H. DE GIVRY
Eh! comment me vengerais-je alors?... Il faudi • pie je tue votre gendi d.ut service... mais j'ai mes principes aussi, moi.
LOUISE DE LIGXEROLLES. 98
LA G RANGE
des principes fléchiront quand vous verrez tout le mal
• e ferait votre vengeance. J'ai soixante ans, monsieur;
l i vie a toujours été pure et austère, et je suis de ceux
E nt le cœur saigne toujours quand une insulte les a ef-
urés... Eh bien... pourtant, s'il ne s'agissait que de
3i, je ne vous prierais pas ; mais il y a quelqu'un der-
>re moi, quelqu'un que je dois défendre, quelqu'un que
ime plus que ma vie... ma fille!... Prenez mes mains,
onsieur, elles sont encore humides des larmes déses-
I :rées qu'elle versait là !... là !... à l'instant, en apprenant
tte horrible nouvelle !...
M. DE GIVRV, avec embarras.
Monsieur !...
LAG RANGE
Ah ! c'est que ma fille est une "âme à part !... c'est que in cœur est tout formé de noblesse et de dignité !... c'est îe... monsieur, un seul trait vous la peindra mieux que utes mes paroles... c'est elle qui hier a fait échapper adame de Givry.
M. DE GIVRV, vivement.
Et vous me donnez cela comme une raison de m'intéîsser à elle?...
LAG RANGE, j
Oui, monsieur! car la femme qui voit son mari introuire chez elle sa rivale, la femme qui tient cette rivale a son pouvoir, qui n'a qu'un mot à dire pour la perdre, t qui la sauve... cette femme-là est digne d'admiration l de respect !... Eh bien!... dites, dites, que serait un }1 procès pour une telle femme !... Blessée dans tout ce u'elle a de pudeur et de dignité, avilie à ses propres eux... Monsieur, ce n'est pas l'ordinaire qu'un vieillard ourbe son front devant un jeune homme, et lui dise : Je ousen prie... Mais je ne suis plus ni vieillard, ni homme.
ni citoyen ; je suis père, et c'est le père qui vous crie a^ i désespoir : Ne perdez pas ma fille!...
M. DE GIVRV.
Arrêtez... arrêtez... Je suis touché jusqu'au fond cœur, croyez-moi... je vous honore, je vous plaint , mais enfin, chacun a sa dignité à défendre... j'ai l'ait éclat... il faut que la chose ait son cours... J'en soufïïf mais il le faut !...
LAlil! A M, !..
Faites, monsieur, c'est votre droit.
(Il tomb-i sur un siège, et cache son visage dans ses mains pour étouffer i M. DE lilYRY. s éloignant, puis revenant brusquement.
Corbleuî... Il ne sera pas dit que j'ai vu pleurer homme qui a des cheveux blancs!... Donnez-moi de <ji écrire... je vais signer le désistement de ma plainte.
LA GRANGE, le serrant dans ses bras.
Ah ! je vous remercie, monsieur.
M. DE GIVRY, s'.-ipprétant h écrire.
Je le crois bien !... mais que votre damné etiufen gendre parte à l'instant I... C'est ma condition... <J'ie ne 1«' revoie jamais!...
(Il s'assi"