‹ Avec préfaceChapitre 76 sur 196 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

MADAME DELPIERRE, seule d'abord, puis JULIE, puis MONSIEUR DE MONVAL.

MADAME DELPIERRE, après un moment de silence.

C'est dur! Allons ! Je suis contente de moi ! Je n'ai rien

dit et il n'a rien vu. (Prenant le médaillon où est le portrait de son fils et l'embrassant avec passion.) McrCl !

JULIE, rentrant avec un grand trouble.

Madame !

176 COAIÉDIES ET DRAMES.

MAI» A MF. DKI. l'irnUK.

Qu'y a-t-il donc ?

JULIE

Un monsieur décoré... (Monvai il a hiiii. teni une

oarte à madame Delpierre.) Yoici SOn nom !

MADAME I>ELPIKRRE, lisaut.

« M. de Mùiîval. substitut du I^rocurour Lr<^n(^r;il. » Qu'il entre.

MU.N V.\ L, savaiit.am vi-rs elle.

Ma visite à une pareille heure doit vous étonner, madame... (Mouvement de madame Delpierre;. Un mot me justifiera... Vous ne me reconnaissez pas, madame?

MADAME DKLIMKURE.

Non, monsieur.

J'étais substitut à Lyon quand vous yrtos venue. C'est moi qui vous ai accompagnée.

MADAME D EL P 1ER H H, viv«im«ui.

A l'institution où était mon fils! Ohî... je mo rappelle, je me rappelle votre bonté, votre sympathie ! .

M ON VAL

C'est le m<>me sentiment qui m'amène aujourd'hui, et pour un motif bien grave.

MADAME DELPIERKE, lui iudiquaut un siège. Lequel ? (ils sassoient tous deux).

MONVAL

Aujourd'hui, sur ma demande, M. le Procureur général m'a permis de précéder auprès de vous quelqu'un qui est là... quelqu'un dont le nom seul vous irritera, quelqu'un dont la vue vous aurait profondément blessée.

MADAME DELPIERRE.

Qui donc ?

MONVAL

Un commissaire de police...

MADAME DELPIERRE.

Chez moi I de quel droit viole-l-il le domicile d'une femme au milieu de la nuit?

MONVAL

11 n'exerce pas un droit, il exécute un ordre.

MADAME DELPIERRE.

Un ordre de qui ?

MONVAL

De votre mari !

MADAME DELPIERRE.

Mon mari n'a pas le droit d'entrer chez moi, malgré moi, même le jour; comment pourrait-il autoriser un agent de justice à y pénétrer la nuit?

MONVAL

C'est la loi.

MADAME DELPIERRE.

La loi?... Quelle loi?...

MONVAL

Une loi cruelle, une loi qui laisse sous la surveillance de son mari la femme qui n'est plus sous sa garde, une loi qui l'autorise à l'accuser, à la poursuivre et, s'il le faut, à la punir. M. Delpierre s'est armé de cette loi contre vous.

MADAME DELPIERRE.

Pourquoi ? Comment ?

MONVAL

Il avait des soupçons sur vous, soupçons injustes, je le crois, mais il en avait. Depuis deux mois, vous n'avez pas fait un pas, vous n'avez pas reçu une visite, qu'il n'en ait été instruit. Il a été constaté que M. Clavel venait presque tous les jours chez vous, vous écrivait presque tous les jours.

MADAME DELPIERRE, se levaut.

J'ai là ses lettres.

MON VAL

Votre mari aies vôtres, qu'un domestique lin dues... Rien de significatif dans les paroles, j'en convKiis, sauf peut-être leur laconisme môme : « Demain, i\ deux heures, au musée. »

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