‹ Aventures burlesques de DassoucyChapitre 53 sur 71 · IG · texte numérisé non relu

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homme mangé par les vers, auparavant que d'entrer en la sépulture, luy firent des remontrances. Mais il s'en moqua; et s'estant un jour furieusement emporté contre sa femme qui l'avoit appelle Apoticaire sans sucre et Poète do balle, comme ennemie de sa gloire, il luy donna des coups de bâton : de sorte que , se voyant outragée, et désespérée, et ne sçachant plus que faire, elle se fit séparer d'avec luy de corps et de biens ; ses parens et ses amis l'abandonnèrent, et ses pratiques le laissèrent tout seul dans sa boutique faire ses vers tout à son aise ; où d' Apoticaire s'estant métamorphosé en Epicier, et depuis en Opérateur, n'ayant laissé pour tout héritage qu'une pique de vers en quarré, il partit de cette vie , pour aller rimer en l'autre ; où , selon la doctrine de Rabelais, il doit à cette heure faire des merveilles.

J'en ay connu un autre dans Paris , qui n'estoit pas un Apoticaire sans sucre, mais qui estoit un Avocat sanS cause. Celuy-cy estoit encore un véritable homme de bien, pieux outre mesure ; et qui avoit une dévotion si particulière à la Vierge, qu'il arrestoit tous ceux qu'il troùvoit par la rue, qui estoient de sa connoissance, pour leur reciter cent quarante Sonnets qu'il avoit faits sur son Assomption ; et je me souviens bien que, m'ayant un jour pris la main, comme il estoit puissant et fort, et que je suis petit et foible (quoy que j'eusse une afi'aire très-importante), il ne me voulut jamais laisser aller sans m'en avoir recité plus de quarante, auxquels (je demande trés-humbl'ement pardon à la Sainte- Vierge, si j'ose dire que je n'y pus jamais rien comprendre). Depuis ce temps-là on a vu cet homme sous une robe de Prestre rimer en cette Cour, d'où finalement il a esté chassé pour son extravagance.

Mais qui peut mieux autentiquer cette folie autentique que le pauvre défunt Ragueneau ' ? Ragueneau connu

' La boutique de Ragueneau s'ouvrait rue Saint-Honoré , entre le Palais-Royal et la rue de l'Arbre-Sec.

de tout le Parnasse, Ragueneau aimé de tous les Poètes, et chéri de tous les Comédiens. Enfin ce fameux Pâtissier Ragueneau, qui, avec six garçons dans sa boutique, travaillant sans cesse auprès d'un feu continuel, dans un four achalandé, faisoit la nique à tous les Pâtissiers de Paris; ce fameux Pâtissier Ragueneau, qui ne faisoit pleuvoir sur le Parnasse que des pastez do Godiveau. Ce père nourissier des Muses, après avoir bien nourry ces ingrates filles, hélas ! qu'est-il devenu ? C'est à vous, Beïs \ que je le demande, qui luy inspirâtes la folie de faire des Vers; vous, Beïs, qui nous avez ravi le plus excellent Pâtissier de Paris, pour en faire le plus méchant Poëte de l'Univers. C'est vous, barbare, qui répondrez un jour dans la vallée do Josaphat, non-seulement de tout l'encre et de tout le papier qu'il a gâté dans ce bas territoire , mais encore de tous les pastez que (sans comprendre ceux que le Parnasse luy a excroquez) vous luy avez mangez à la gueule du four. Ouy, Beïs, vous rendrez compte un jour de ce pauvre innocent; car enfin, c'estoit le meilleur homme du monde, il faisoit crédit à tout le Parnasse ; et quand on n'avoit point d'argent, il estoit trop payé, trop satisfait, et trop content, quand seulement d'un petit clin d'œil on daignoit applaudir à ses Ouvrages. Je me souviens que, pour avoir seulement eu la patience d'écouter l'une de ses Odes pindariques, il me fit crédit plus de trois mois sans me demander jamais un sol.

Mais quoy, si le beau Phebus n'a pas le moyen do nourrir ses enfans , qu'auroit-il fait ayant à nourrir Phebus et toute sa séquelle ? encore s'il n'eust eu qu'à maintenir sa table, je croy qu'avec son bien de patrimoine il auroit pu donner à manger encore à ses neuf Sœurs ; mais quoy, il estoit encore chargé de tous ses enfans, et, s'il prend envie à quelqu'un de sçavoir si je dis la vérité, sans aller aux Galleries du Palais, il n'a

J Charles de Beys, dont Scarron, son élève, fait le plus vif éloge, composait les vers que signait Ragueneau.

qu'à feuilleter les Livres des parties de Ragueneau, il y trouvera le nom de tous les Poètes en aussi bel ordre qu'au Temple de mémoire : ainsi le pauvre Ragueneau, portant comme un autre Atlas tout le fais de tout TEstat Poétique, sous qui mesme je croy qu'auroit succombé celuj qui porte le fardeau de tout le monde, n'estant payé de personne, et ses créanciers voulant estre payez, le Pauvre Ragueneau sous les ruines de son four resta entièrement accablé. Ce fust un jour marqué de noir pour Messieurs les Poètes, que dès l'aube du jour on rencontra par les rues se torchans le bec , après avoir pris chez luy le dernier déjeuné, qu'une troupe de Sergens affamez à la barbe d'Appollon , encore toute dégouttante de la graisse de tant de friands Pastez, eurent bien la hardiesse d'arrester et de prendre au collet son cher et bien aimé Ragueneau, et le mener encore sans aucun respect, ny de ses Vers, ny de ses Muses, dans le fond d'une Prison, dont (après un an de captivité) estant sorty pour donner au monde les excellons ouvrages qu'à l'imitation de Théophile il y avoit composez, ne trouvant dedans Paris aucun Poëte qui le voulust nourir à son tour, ny mesme écouter seulement l'un de ses vers, ny aucun Pâtissier qui sur un de ses Sonnets luy voulust faire crédit seulement d'un Pasté de requeste •, maudissant le siècle, et pestant contre l'ignorance du temps, il en sortit avec sa femme et ses enfans , luy cinquième , comptant un petit asne tout chargé d'Epigrammes pour aller chercher sa fortune au Languedoc, où, ayant rencontré une troupe de Comédiens qui avoient besoin d'un homme pour faire un personnage de Suisse, il entra avec eux en qualité de valet de carreau de la Comédie, où, quoy que son rolle ne fut jamais tout au plus que de quatre vers, il s'en acquita si bien, qu'en moins d'un an qu'il fit ce mestier il acquit la réputation du plus méchant Comédien du monde ; de sorte que les Comédiens, ne sçachant à quoy

1 Pâté froid, fait de débris de volailles.

l'employer, le voulurent faire mouclieur de chandelles ; mais il ne voulut point accepter cette condition comme répugnante à l'honneur et à la qualité de Poëte ; depuis, ne pouvant résister à la force de ses destins, je l'ay veu avec une autre troupe qui mouchoit les chandelles fort proprement : voila le destin des fous quand ils se font Poètes, et le destin des Poètes quand ils deviennent fous : mais entre ces sortes de fous, le plus plaisant que j'aye jamais connu, ce fut un curé du haut Languedoc, qui avoit esté Laquais dans une maison, où j'y estois gagé pour montrer à jouer du Luth à deux filles de condition, et à qui (bien qu'il n'eust aucune estude, et que mesme il ne sçeut pas trop bien lire) on avoit donné une Cure pour ses bons et agréables services. En ce temps-là, je n'avois encore que dix-sept ans, quand l'amour qui décoche ses traits en toute saison, d'un mesme coup me perça le cœur et m'ouvrit la veine, et me fit devenir amant et Pocte en môme temps. J'estois donc amoureux d'une Iris plus jeune que moy de deux ans ; bien qu'elle fust de mérite et de qualité , elle ne desaprouvoit pas la passion que j'avois pour elle ; mais quoy que j'eusse beaucoup de familiarité et de correspondance avec cette Iris, comme je ne l'avois pas telle que je l'eusse désiré, j'estois toujours à me plaindre de sa rigueur ; c'est pourquoy j'employois souvent les charmes de mon Luth pour l'adoucir, et comme elle ne dedaignoit ny mes vœux, ny mes vers, je luy en composois tous les jours de nouveaux, que je luy portois tout baignez do mes larmes jusques dans son lict; et pour faire voir comme cette puissance aveugle m'avoit déjà illuminé l'esprit, et que dés l'âge de dix-sept ans je sçavois aimer, et faire des vers, je mettray icy les derniers que je fis pour mon Iris :

Iris, qui, dedans vostre couche.

Plus insensible qu'une souche, Toute nuit m'avez veu pleurer.

Plaindre, gémir et soupirer,

Cœur insensible, ame farouche, Qu'amour ny que pitié ne touche; Rocher, qui, sans vous esmouvoir, Avez senty mon desespoir, Et veu mon ame désolée, Sans d'un mot l'avoir consolée, Helas ! n'est-ce donc point assez De tant de pleurs que j'ay versez?

De tant de soins, de tant de peines, Et de tant de poursuites vaines.

Pour mériter vostre amitié?

Cœur sans amour et sans pitié.

Iris dont les fatales charmes Vont mesler mon sang à mes larmes.

Objet de mes vœux innocens, Ange qui régissez mes sens.

Par qui mon ame est asservie, Qui, loin d'éclairer à ma vie, Complice de mon triste sort.

Ne m'éclairez que pour ma mort ; Enfin, si, pour ma recompense, La mort doit finir ma souffrance, Si tous mes vœux sont superflus.

Cœur ingrat, ne m'espargnez plus, Faites mourir mon espérance ; Iris, prononcez la Sentence, Qui doit m'envoyer au trépas; Dites : Je ne vous aime pas.

Bien-tost vous verrez terminée Ma misérable destinée.

Et de mon sang trop méprisé Dedans peu mon lict arrousé.

Si plutôt mon ame abattue Par le long ennuy qui la tuë.

Cherchant ailleurs sa guerison.

Ne rompt sa mortelle prison; Car, en fin, deust à ma constance.

S'opposer toute la puissance Et de la Terre et des Enfers ; Deussent les maux que j'ay soufferts Dans une éternelle souffrance Me redoubler leur violence,

Tousjours le soucy vous suivra, Et cette fleur vous ayraera, Sans que jamais son cœur fidelle, Contracte une amitié nouvelle ; Tousjours d'un amour sans pareil, Le soucy suivra son Soleil, Et quand, au terme de sa vie, La clarté luy sera ravie, Soit par une barbare main, Soit par vostre cœur inhumain, Soit par la loy de la nature.

Encore après ia sépulture, Son ombre vous recherchera.

Et toutes les nuicts gémira, Pensant à sa foy méprisée ; Lors vostre ame desabusée, Mais trop tard, se ressouviendra Que la fleur qui vous attira.

Le soucy qui, dans cette rose.

Rencontra la mortelle cause Qui son triste cœur consomma.

Qui vous chérit et vous aima, N'estoit point une fleur vulgaire. Mais une fleur qui vous dust plaire, Qui sans cesse vous chérira.

Et sans fin vous adorera Jusques à son heure dernière, Comme son Ange et sa lumière, N'ayant jamais veu sous les Cioux, Rien qui luy fust plus précieux Que vostre esprit incomparable.

Jamais rien de plus adorable.

De plus charmant, ny de plus doux Après son bon Ange que vous; Si donc vostre cœur impassible, A mon amitié peu sensible, N'est pas tout à fait un rocher Que mes pleurs ne puissent toucher.

Fondez cette mortelle glace Qui m'y refuse un peu do place.

Quittez cette injuste froideur.

Iris, donnez-moy vostre cœur ;

C'est vostre cœur que je demande, Et dont mon ame est si friande, Qu'elle ne tient pas pour amy Le cœur qui n'aime qu'à demy.

Comme donc mon cœur est tout vostre, Soyez-moy tout une ou tout autre ; Mon Ange, aimez-moy désormais, Autrement, adieu pour jamais.

Quoy que la disproportion qu'il y avoit entre sa condition et la mienne m'obligeast à tenir cette amitié cachée, pourtant je ne me cachois point de ce Curé, qui estoit mon confident dans ce commerce amoureux : si-bien qu'estant encor amoureux de son costé, et voyant que je me servois si-bien de ma plume pour exprimer ma passion, il luy prit fantaisie de m'imiter ; mais d'autant qu'il vouloit, auparavant que de s'ériger en Poëte , s'introduire dans mon estime par quelque merveilleux coup d'essay, et par quelque chef-d'œuvre important, il fit ces vers à ma loiiange, beaucoup plus excellens que toute la Poésie platte de tous les plats Poètes qui sont au monde, qui ne peuvent ny faire pleurer, ny faire rire: et d'autant plus estimable, que je défie tous les plus beaux Esprits de ce temps de les pouvoir jamais imiter. Vers que depuis ma jeunesse j'ay tousjours conservez précieusement dans mon souvenir, que j'ay recitez cent fois à mes amys, et que, pour marque de la révérence que je leur doy, je consacre à la mémoire, comme dignes de la postérité :

A MONSIEUR DASSOUCY

J'admire, en mon discours, Les choses merveilleuses, Des Chasteaux et des tours.

Les forces valeureuses.

Qu'en cette Terre on voit Des choses admirables.

Que plus on ne connoît

Sans les apprentissages.

Il y a, à Boissaison *,

Une chose très-grande

D'un jeune Compagnon

De Paris, ville grande :

C'est Monsieur Dassoucy,

Qu'en toute discipline, .

Vous le sçaurez aussi,

Il sçait faire des rimes.

Ronsard qui a esté Poëte,

Et Philippes des Portes,

N'en ont jamais sçcu faire

Une chose si forte.

Il joue do la lyre aussi parfaitement Qu'il n'y a nul autre en France qui luy ait le pied devant, Chancy ^ et autres qui ont du bruit, Ne sont pas, à ce qu'on dit, Si capables en la Tablateure, Laquelle il fait à toute heure :

La Musique il sçait aussi, Laquelle je l'apprens de luy.

Si voulez sçavoir qui je suis.

Le Curé d'Angles- ^ aux amis.

Ce n'est pas peu qu'en Tâge de dix-sept ans je leus ces Vers sans rire, je n'en pourrois pas faire autant aujourd'huy à Tàge de soixante-et-douze. Je le remerciay afTectueusement ; et, après luy avoir loiié ces Vers, je luy dis qu'il avoit tort d'avoir tenu si long-temps cachée une qualité si précieuse, et qu'il estoit obligé selon Dieu de cultiver un si beau talent. Cependant j'allay trouver la Dame du Chasteau, que l'âge décrépit n'erapôchoit pas do se réjoiiir, qui, après avoir oiiy ces Vers, pour ne pas rire toute seule, en fit feste incontinent à Messieurs ses cnfans, qui étoient tous hommes faits, tous

1 Deux villages du département du Tarn portent le nom de Boissezon.

s Compositeur qui a publié un livre de tablature pour la mandore (1629).

3 Angles, aujourd'hui chef-lieu de canton du département du Tarn.

gens d'esprit, et gens d'étude ; il ne faut pas demander comme en présence de M. le Curé ces Vers furent applaudis. Enfin, je n'ay jamais vu tant rire; mais ce qui à force de rire me tiroit des larmes des yeux, c'estoit de voir que ce Curé, qui attribuoit tout ce plaisir àla bonté de son Ouvrage, rioit encore plus fort que tous les autres : de sorte que ces Messieurs voyant une si belle occasion de se divertir à si peu de frais, dans un lieu où l'on avoit besoin de divertissement, on luy dit premièrement qu'il estoit impossible qu'il eust fait ces vers, sans que moy, ou quelque autre luy eust aidé ; ou du moins, qu'il falloit qu'il eust fait déjà son apprentissage, et que ces vers n'estoient point d'un novice Rimeur, mais d'un homme consommé dans le métier des Muses. Luy, au contraire, faisoit mille sermons et mille protestations sérieuses que ces vers estoient purement siens, que c'estoit son premier début, et que, s'ils valoient quelque chose, la gloire en estoit toute à luy. De mon costé, je jurois aussi, et faisois tout ce qu'il m'estoit possible, pour leur faire croire ; ce qu'il n'estoit pas besoin de leur persuader : de sorte que, cette bonneste compagnie s'estant à la fin rangée à la croyance qu'un Paroissien doit avoir pour son Curé, on l'exhorta de continuer à donner au monde de si beaux ouvrages, luy promettant, quand il en auroit assez composé pour en faire un recueil, qu'on les feroit mettre sous la presse. Monsieur do Colombieres dit qu'il entreroit pour sa part dans les frais de l'impression ; et quelque autre luy fit croire qu'avec le temps il pourroit obtenir quelque pension du Roy : de sorte qu'estant entièrement persuadé de sa capacité, il s'en retourna si plein de ce noble désir qui porte les grandes âmes à la gloire, qu'il ne faisoit plus autre chose nuit et jour que de composer des vers. Nous ne manquions pas d'avoir tous les jours après soupe une pièce nouvelle; c'estoit un plat de dessert qui ne manquoit jamais. Il composoit sur toute rencontre, et faisoit des Achrostiches, mais bien meilleurs que ceux de mon parent l'Apoticaire; car ils estoient si admirablement

obscurs, qne chaque vers estoit un mystère, ou une Prophétie de Nostradamus. Entre autres pièces qu'il composa, il en fit une admirable sur la maladie d'une Demoiselle qui languissoit depuis deux ans entre les mains des Médecins. J'en ay retenu seulement trois vers, non pas véritablement si excellons que les premiers, mais en recompense admirablement bien mesurez :

Car voyez-vous bien Ces Apoticaireries et sucras Ne sont en la bouche des malades rien autre chose que d'appas.

Et, quand je luy disois que ce dernier vers estoit un peu long, il me disoit qu'il y avoit bon remède, et qu'il ne falloit qu'escrire plus pressé. Ce divertissement nous dura presque tout un hyver, durant lequel il usa plus d'un seau d'encre, et employa plus de dix rames de papier. Mais il luy arriva un funeste accident qui troubla toute la feste : car ce Curé estoit un grand homme noir, maigre et sec, et rongé par tout le corps d'une gale que produisoit en luy une furie atrabilaire : de sorte, comme il n'est rien qui dessèche tant que le travail immodéré, avec les veilles continiielles, cet homme, qui après avoir travaillé tout le jour, passoit encore les nuits à faire des vers, et qui pour cet effet déroboit tous les bouts de chandelle qu'il pouvoit attraper, ne pouvait résister à cette perpétuelle agitation d'esprit. Enfin il succomba, il devint étique ; et, comme les principes de cette maladie sont difficiles à connoistre, les médecins, qui pour la pluspart sont encore plus ignorans que les Poètes, attendirent que la maladie fust formée et le traitèrent d'étique quand il n'estoit plus temps : de sorte qu'après avoir long-temps languy dans un lit, après avoir recommandé comme un autre Virgile qu'on mist ses Ouvrages au feu, il mourut, au grand regret do tous ceux de la maison, qui estoient complices de cet assassinat. Depuis j'ay fait tous mes eff'orts pour recouvrer quelques-unes de ses pièces; mais le temps, jaloux de sa gloire et de mon utilité, en a privé le monde; car j'en eusse fait un re-

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cueil qui auroit plus fait rire que toute la Gigantomachie de Scarron, ny que tout l'Ovide en bel humeur, et qui auroit esté mieux vendu que les pois pilez *.

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