‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 103 sur 232 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De ce qui se passa dans l'entrevue qu'Alphonse eut avec Dagana.

Je n'avais jusie que le temps de me rendre au rendez-vous que m'avait donné la belle Mauresse. Ma pensée fut toute remplie de son image: insouciant au reste de ma destinée, je ne songeais plus qu'au plaisir de la voir j j'effleurai le pavé dans ma marche légère et rapide, et je faillis renverser plusieurs passants qui n'en pouvaient mais. J'arrive ; le cœur me bat : en apercevant le mur du jardin je m'arrête pour donner à mes esprits le temps de se remettre , puis je fais quelques pas et me voici devant la porte ; je peux frapper, mais je n'ose; je reviens encore sur mes traces , incapable de dompter l'émotion qui m'agite , baissant la tête pour en dérober les signes aux indifférents.

Honteux de ma faiblesse, je m'élance tout à

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coup vers la porte , et , sans me donner le temps de la réflexion , j'y frappe le signal convenu.

La porte s'ouvre d'elle-même, je la referme et me trouve seul dans un charmant jardin dont les arbres étaient tellement touffus et pressés , que les sentiers y suffisaient à peine au passage d'une personne. On y voyait des productions de tous les pays. Je ne pouvais faire un pas sans froisser quelques grappes de fleurs qui me barraient le passage et tombaient en pluie sur mes habits. Un nombre infini d'oiseaux faisaient entendre leur ramage presque assourdissant sous ces dômes de verdure. En avançant je découvre, sur ma droite, une magnifique volière dont tous les barreaux étaient argentés et qui élait remplie des oiseaux les plus rares de l'Afrique et de l'Asie, dont les chants se mêlaient à ceux qui par-^ talent des bosquets voisins.

Je commençais à me lassser de ma promenade solitaire lorsque j'aperçus une espèce de cabane dans le genre suisse, avec un escalier et

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