CHAPITRE XI
Alphonse devient secrétaire d'un poète plus léger d'écus que de vers alexandrins. Quelles étaient les habitudes et les maximes de cet enfant d'Apollon.
Avant de rentrer chez mon père , je conçus l'idée d'aller voir M. Hector , ce poète qui avait fait passer une si divertissante soirée aux con-
212 ALPHONSE DOBIA.
vives de M. du Loiret. Placé à côté de lui pendant le dîner, je l'avais écouté avec assez de patience pour qu'il m'invilât à venir le voir. Il m'avait demandé si je connaissais un jeune homme qui voulût entrer chez lui comme secrétaire , aux conditions modestes que sa fortunelui permettait d'offrir. Ce dernier souvenir fut le vrai mobile qui me fit tourner à droite en quittant la rue dans laquelle se trouvait le jardin de INI. Desprez, puis tourner à gauche, et chercher le n" i5, dans une rue assez sale et assez obscure : « Est-ce ici que demeure M. Hector? » — «Oui , à l'entresol, la porte à droite. » Je monte, sur cette indication, mie vingtaine de marches, et je sonne à l'entrée de ce sanctuaire des muses, fermé par une épaisse porte battante, rembourrée avec soin et recouverte d'une serge verte. C'est M. Hector en personne qui vint m'ouvrir. Il était vêtu d'une petite veste de piqué de coton , à raies rouges, et d'un large pantalon de nankin qui, faute de bretelles, tombait sur ses chausses; lequel pantalon aurait bien mérité, par ses