‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 137 sur 232 · LIVRE II, CHAPITRE X.V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE X.V

trahie. Felima ne se tira pas trop mal de ce mauvais pas : elle exploita la crédulité superstitieuse de sa maîtresse.

« Je révais, dit-elle, que madame m'avait donné l'ordre de venir prendre ses bijoux, et de les lui apporter en bas , pour qu'elle s'en parât devant le maître. Il m'a semblé que j'étais conduite par quelqu'un qui m'avait pris la main, et me forçait à monter les degrés du petit escalier : je ne me suis éveillée qu'au moment où monsieur a porté la main sur mon turban. »

Dagana ajouta foi à ce grossier mensonge, et , malgré tout ce que je pus lui dire le lendemain, elle s'obstina à garder Felima à son service.

J'appris, dans les conversations auxquelles donna lieu cet incident, qu'elle avait été instruite dans les mystères de la sorcellerie par un vieil Egyptien qui demeurait au Sénégal tandis qu'elle y faisait son éducation ; et que depuis qu'elle était à Paris, une femme arabe, à laquelle celui-ci l'avait adressée, lui avait procuré, au poids

de l'or, tous les objets nécessaires aux pratiques de ce culte abominable. Son père, qui ne venait jamais dans le pavillon, avait la faiblesse ou l'insouciance de ne pas chercher à pénétrer l'objet de ses occupations dans ce réduit solitaire.

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