‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 176 sur 232 · LIVRK UI, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRK UI, CHAPITRE VII

répète, ce n'est qu'à rnon dévouement pour toi , à l'inaltérable pureté de mon affection , à la flamme incorruptible qui veillera toujours dans mon ame, comme sur un autel indestructible, en ton honneur et au service de mon époux , que je devrai le commencement de mon bonheur et tous les témoignages de ton amour, seul bien que j'ambitionne dans l'univers! »

Elle prononçait ces dernières paroles avec l'accent d'une passion si vraie, et l'expression d'une prière si bien calculée pour m'attendrir, que l'indignation et la fierté , excitées d'abord chez moi par ses menaces , s'évanouirent aussi rapidement qu'on voit fondre les premières neiges de l'hiver, sous le soleil de l'arrièresaison.

Je gardais le silence; mais une femme est toujours ingénieuse à lire dans les yeux de celui qu'elle aime, les sentiments qu'elle a intérêt à connaître. Dagana reprit la parole, et me dit, en me montrant les fleurs répandues sur la table :

« Vous ne savez pas ce que je faisais là? Je

m'amusais à tirer votre horoscope. Je couvre cette corbeille avec mon scliall , et je prends au hasard une poignée de fleurs, puis je les dispose dans l'ordre de leurs couleurs, comme les mots d'une phrase.

«Doux et suave langage, répondis-je; c'est la seule divination qui ne me répugnerait pas. Eh ! qu'avez-vous lu dans ces caractères embaumés, qui ne peuvent , ce me semble, annoncer qu'un avenir couleur de rose ? »

« Ne riez pas , me dit gravement la belle magicienne : au moment où vous êtes arrivé, je déchiffrais le sens fatal de ce lys tacheté, qui croît sur le bord des lacs ; il m'annonce une passion... une infidélité... et, rapproché de ce pavot bordé d'un cercle noir, il indiquerait la vengeance... le sang répandu,... et, tenez , ô ciel! je n'avais pas remarqué le voisinage de cette pâle et lugubre fleur de magnolia... c'est la mort , la mort qui s'ensuivra !... »

Dagana parlait d'une voix aussi émue que si elle eût reçu la nouvelle certaine d'un malheur imprévu, tracée dans une lettre qu'on aurait

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