‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 220 sur 232 · LIVRE III, CHAPITRE XVI. /^oB · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XVI. /^oB

des sels , et la première chose que je vis, ce fut quelques larmes dans les yeux de mademoiselle Marie. Ignorant, sans doute, que les miens allaient, en se rouvrant, rencontrer son regard, elle ne déguisait pas l'expression de douleur et de pitié qui frappa mon réveil comme l'aurore d'une lumière plus douce que celle du jour; du reste, je n'avais pas été blessé, j'en fus quitte pour des écorchures et des contusions, dont je ne tardai pas à être guéri, grâce à quelques jours de repos et aux soins délicats dont je fus entouré.

On peut imaginer les remerciements que m'avaient adressés ces dames, ainsi que M. de. Lacy ; je me trouvais dans la maison sur un meilleur pied que jamais.

Quelque temps après , nous sortions de l'Opéra; un jeune homme qui se trouvait derrière mademoiselle Marie la pousse violemment en essayant de passer devant elle; je m'aperçois de cette brutalité ; j apostrophe sévèrement l'inconnu: il me répond insolemment: je l'invite avec fermeté à baisser le ton ; ce grossier

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personnage lève sur moi une grosse canne qu'il tenait à la main ; deux agents de police qui se trouvaient dans le vestibule du théâtre et qui avaient été témoins de la scène, se précipitent sur lui , lui arrachent le bâton qu'il brandissait au-dessus de ma tête et l'entrahient. Il avait eu le temps de me jeter ces paroles : Nous nous reverrons !

La foule qui nous entourait et qui m'avait séparé un moment de madame de Longpré et de sa nièce ne leur avait pas permis d'entendre ces derniers mots. Pendant que je les reconduisais jusqu'à leur voiture, madame de Longpré m'apprit que cet individu était le fils d'un riche banquier hollandais nommé Wanderwitt, qui, bien loin de leur être inconnu , avait recherché en mariage mademoiselle de Lacy, et qui n'ayant pas été accueilli, à cause de sa mauvaise conduite, s'était permis dans le monde les propos les plus inconvenants sur la famille dans laquelle il n'avait pu entrer, et en particulier sur la pauvre Marie. Madame de Longpré ajouta qu'elle ne doutait pasquel'ac-

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