‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 221 sur 232 · LIVRE III, CHAPITRE XVI. liO · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XVI. liO

tion grossière dont'il venait de se rendre coupable n'eût été faite de dessein prémédité , et que c'était la seconde fois que sa nièce et elle se trouvaient insultées en public par ce mauvais sujet.

Nous étions arrivés devant leur voiture , je les aidai à s'y placer.

« Est-ce que vous ne montez pas?» me dit mademoiselle de Lacy, d'un ton qui décelait une secrète inquiétude.

« Je suis obligé, lui répondis-je, de retourner auprès des agents qui ont arrêté cet homme pour faire, s'il y a lieu, ma déclaration. » « Soyez prudent,» me dit madame de Longpré.

« Je vous en prie ! » ajouta Marie d'une voix tout à fait émue.

« Soyez tranquilles , Mesdames , repartis-je en riant, dans quelques minutes je vous rejoindrai à l'hôtel. » Elles partirent , et moi je revins au vestibule de l'Opéra, chercher le poste où l'on avait conduit M. Wanderwitt. Un employé du théâtre me l'indiqua du doigt.

Au moment où j'ouvris la porte du corps-degarde j'aperçus celui qui m'avait provoqué : il

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se démenait avec violence au milieu d'un groupe de militaires , et je l'entendis proférer ces mots qui s'adressaient visiblement à moi :

« Le lâche ne reparaîtra pas , mais je saurai bien le trouver. »

(c Vous vous trompez, lui dis-je en paraissant tout à coup devant lui, c'est moi qui viens vous chercher avec l'intention de vous apprendre à être moins grossier envers les dames. »

Mon entrée fut comme un coup de théâtre. Les militaires se prirent à rire, et mon homme, un peu déconcerté , me dit :

« Monsieur, je suis ravi de vous voir. »

L'officier qui commandait le poste nous engagea, pour la forme, à nous réconcilier, et nous fit quelques exhortations d'un ton qui n'annonçait pas que lui-même fût disposé à mettre en pratique, dans l'occasion, les conseils qu'il nous donnait. Après cette allocution il nous congédia , et nous nous donnâmes rendezvous, pour le lendemain matin, à la porte Maillot.

En rentrant chez M. de Lacy , je trouvai les

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