‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 28 sur 232 · LIVRE ;, CIIA.PITRE V. 5l · texte numérisé non relu

LIVRE ;, CIIA.PITRE V. 5l

« Ne voyant aucun moyen de résister à la violence qui nous était faite, je pris le parti d'avoir contre mauvaise fortune bon courage; j'obtins de pouvoir placer Clarisse devant moi sur mon cheval, et je goûtai ainsi la satisfaction de m'entretenir avec elle tout le long de la route. Nous voyageâmes toute la nuit , ne nous arrêtant que pour laisser rafraîchir nos chevaux.

« A la pointe du jour nous arrivâmes aux portes d'un camp entouré par des murs de terre de dix pieds de hauteur et gardé par des Maures couverts de fer comme des chevaliers du moyen-âge, le front chargé d'un casque, la poitrine cuirassée , tenant une lance de la main droite, et portant au bras gauche un bouclier échancré. Le camp occupait le plateau d'une petite colline, et en ce moment , où les premiers rayons du jour faisaient étinceler l'armure des sentinelles africaines, je croyais être la dupe de quelque vision.

« Cependant nos guides se mirent à sonner de la trompette. Une barricade s'ouvrit , et nous

Sa ALPHONSE DORIA.

entrâmes dans le camp. On nous conduisit dans une tente formée de peaux de moutons, tendues à l'aide de cordes sur des piquets enfoncés dans la terre. Ma femme était presque mourante de fatigue : je l'étendis sur une natte et lui fis boire du lait de chameau contenu dans une outre qui se trouvait dans la tente ; elle me remercia par un regard plein d'une profonde mélancolie , et s'endormit. Le chef de la troupe qui nous avait arrêtés entra, suivi d'une escorte nombreuse, et me fit signe de le suivre. Désespéré d'abandonner ma femme , dévoré d'inquiétude pour son sort , contraint de céder à la force, accablé de douleur et de fatigue , je conservais à peine ma raison. Les Maures me conduisirent ou plutôt m'entraînèrent, à travers une multitude qui poussait des cris sauvages, vers une tente plus riche que toutes les autres , et située au centre de la ville. Deux hommes à demi nus , les épaules couvertes d'un manteau de toile bleue, le front chargé d'un turban , portant un cimeterre nu , veillaient à la porte. Je fus poussé dans une enceinte séparée

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