‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 29 sur 232 · LIVRE l, CIIAPITUE V · texte numérisé non relu

LIVRE l, CIIAPITUE V

en deux parties par un rideau rouge. Un roulement de tambour se fit entendre, le rideau se leva, et je vis à sa place un treillage en baguettes d'or à peu près semblable au parloir d'un couvent. Six nègres d'une stature colossale , armés de massues , étaient rangés autour de l'espèce de trône sur lequel était assis un personnage qu'à son air mâle et à son costume guerrier je pris d'abord pour un homme. Son vêtement avait la forme d'une tunique; un casque, orné de plumes , ornait son front ; plusieurs nattes de cheveux noirs retombaient de chaque côté de sa tête , pressées en de petites agrafes de corail , d'ambre et de verroteries; à son cou pendait un collier de perles magnifiques. Ses pieds étaient chaussés de brodequins rouges ; il tenait une petite lance d'or en guise de sceptre.

« Tous mes compagnons s'étaient jetés la face contre terre, en répandant du sable sur leur tête. J'entendis une voix assez douce qui m'adressait la parole en italien : je reconnus que j'étais devant une femme. Je savais cette langue, je pus

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la comprendre et lui répondre. Elle m'apprit que la tribu dont elle était reine venait de déclarer la guerre à notre établissement du Sénégal , et qu'elle comptait me retenir pour otage tant que dureraient les hostilités. Je lui représentai que j'avais été dépouillé par ses sujets d'une somme considérable qui ne m'appartenait pas, et que mes compatriotes, ignorant ma captivité, pourraient croire que je m'étais enfui avec le dépôt qui m'était confié.

« Elle me répondit qu'elle aurait soin de faire donner avis de ma détention au négociant que je désignerais. Je la conjurai alors de ne pas me séparer de ma femme et de me fournir tous les moyens de lui prodiguer les soins que réclamaient son extrême jeunesse et la faiblesse de sa constitution.

a La reine reprit avec un regard malin qu'elle ne pouvait souscrire à ma prière, attendu que le rhamadan , c'est-à-dire le carême des musulmans , venait de commencer , et que la loi de ses états était que les époux vécussent séparés

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