LIVRE I, CHAPITRE V
cordes que la nôtre et faire une caravane à nous deux à travers tous les déserts et toutes les tribus de la terre ; car il me semble que l'espace qui est autour de notre camp ne me suffit plus; je me crois attachée à un pieu par une corde de lianes , comme le chameau pendant qu'on est occupé à le traire; et quelquefois, dans mon insatiable besoin de voir du nouveau, j'aspire à fuir avec toi dans le ciel et à transporter notre lente, d'étoile en étoile.»
« Quand je la voyais en bonne humeur, j'osais lui demander des nouvelles de ma Clarisse ; alors, presque toujours, l'expression de sa figure changeait ; elle détournait la tête avec impatience et dédain, et me disait en s'éloignant (car cette question devenait infailliblement le signal de son brusque départ ) :
« Sois tranquille , elle ne mourra pas. »