LIVRE 1, CHAPITRE VI. ^I
bandonnerai alors au bonheur de te revoir. » «Elle m'expliqua, tandis que nous poursuivions notre route , la manière dont s'était préparée notre évasion. Une esclave de la reine, nommée Itha , qui avait été placée près d'elle , avait été l'instrument de notre délivrance commune. La douloureuse situation d'une jeune femme blanche séparée de son époux , de son père , de son pays , avait ému son cœur naturellement bon ; elle avait promis à ma femme de se dévouer pour lui rendre la liberté.
« Elle-même aspirait depuis long-temps à recouvrer la sienne. Elle aimait un des esclaves de Laobé qui s'appelait Hamet. Leur secret désir était de s'échapper du camp des Maures et de retourner à Tombuctou , dont ces deux noirs étaient originaires. Clarisse lui avait fait espérer, en récompense du service qu'elle offrait de nous rendre, un assez grand nombre d'objets appartenant à sa toilette , et ayant une grande valeur dans le pays des nègres.
« Il n'avait pas été difficile à Itha de nous ouvrir un moyen d'évasion. Elle avait seule le soin
tie garder ma femme : Hamet, son fiancé, étant toujours de service près de la sultane, avait pu dérober un des habillements de sa maîtresse et introduire Clarisse déguisée sous ce vêtement, dans ma tente, après lui avoir remis en outre pour moi le pagne et le turban dont il se servait habituellement. Il n'avait pas manqué de prévenir, le matin, les sentinelles veillant à la porte du camp , de l'intention qu'avait la reine de sortir la nuit prochaine pour aller consulter un marabout (c'est le nom que les Maures donnent à leurs prêtres), lequel vivait solitairement à l'entrée d'un bois voisin.
«Vous comprenez, Messieurs, que d'après ces dispositions, notre fuite n'avait dû rencontrer aucun obstacle. Nos deux libérateurs nous avaient promis de sortir eux - mêmes avec quatre chevaux qu'ils auraient été prendre dans les écuries de la reine placées justement à l'extrémité du camp. Ils se flattaient que les gardes qui auraient cru voir sortir Laobé, regarderaient ces chevaux comme destinés pour elle et sa suite. Une fois hors de l'enceinte, ils se se-