‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 40 sur 232 · LIVRE 1, CHAPITIIE VI. -jZ · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITIIE VI. -jZ

raient dirigés en diligence vers un lieu retiré où ils nous auraient attendus. Itha avait indiqué à ma femme le chemin que nous devions prendre pour les y rejoindre. Mais comme cette esclave ne savait que quelques mots d'italien , et les prononçait mal, ses explications avaient été nécessairement un peu confuses.

« Ma femme se croyait certaine d'avoir entendu qu'elle lui avait dit de tourner à droite du baobab placé à l'entrée du désert, de s'engager entre les monticules de sable qui s'offriraient alors devant nous, de ne pas perdre de vue la plus haute de ces collines dont le sommet noirci par les rayons du soleil, était, suivant l'expression d'Itha, de la couleur de sa peau ; d'arriver jusqu'au pied de cette élévation et de prendre alors à gauche un chemin facile à reconnaître par un bouquet de palmiers que nous verrions dans le lointain. Une fois parvenus sous ces arbres, nous aurions jeté un cri : Hamet et Itha, cachés tout près de là avec leurs chevaux, seraient accourus vers nous.

« Selon le calcul d'Itha nous devions mar-

cher environ une heure et demie , et il y en avait déjà plus de deux que nous étions en route. Clarisse s'était arrêtée , plusieurs fois , en promenant ses regards autour d'elle , cherchant à reconnaître la position de la colline de sable noir, qui devait nous servir de direction. Elle commençait à être fatiguée ; nous gardions le silence, cherchant à nous dissimuler l'un à l'autre l'horrible inquiétude qui s'emparait de notre cœur. Ajoutez que nous n'avions pas emporté d'eau avec nous, et que nous sentions les premiers tourments de la soif.

« Ce qui nous jetait dans l'incertitude sur la route que nous devions prendre , c'est qu'au lieu d'une seule rangée de monticules, ceuxci se rencontraient pressés en amphithéâtre dans un nombre infini , formant entre eux , tantôt d'étroits ravins, tantôt d'arides vallées où nous nous engagions sans bien savoir où elles nous conduiraient.

« Cependant, au détour d'un long défilé entre des collines de sel gemme dont la blancheur égalait celle de la neige , et qui, reflétant les

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