‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 51 sur 232 · LIVRE I, CHAPITRE VIT. g · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VIT. g

plus dévoués. Mais il lui était impossible de dérober long-temps aux yeux de sa tribu sa coupable passion pour un blanc et un vil chrétien. Déjà plusieurs complots s'étaient formés contre sa vie : elle avait été assez heureuse pour les découvrir à temps , et intimider par la sévère punition des conjurés les autres mécontents. Cet état de choses ne pouvait durer.

« La naissance de Dagana (c'est le nom qu'ellemême donna à sa fille ) ne put rester secrète. Cet événement mit le comble à la fureur des Maures. Je lui proposai alors de prendre la fuite et de chercher à gagner avec moi et avec notre enfant l'établissement français du Séne'gal. Elle entra avec joie dans cette idée, et dès qu'elle fut rétablie, mit le projet à exécution. C'était au moment où les Français, lassés d'être depuis si long-temps en guerre avec les Maures Bracknas, avaient résolu de les contraindre à mettre bas les armes ; en conséquence , ils avaient envahi le territoire de la tribu , et ils n'étaient plus

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qu'à une faible distance du camp retranché que Laobé avait fait construire.

« Leur approche donna le signal de la révolte contre la reine ; j'aurais sans doute été mis en pièces par ces forcenés; mais nous les prévîriîTies : montés sur des chevaux très agiles, accompagnés d'un seul esclave que Laobé croyait fidèle, nous prîmes l'avance pendant la nuit, et nous nous dirigeâmes vers le point où nous savions que lesFrançais avaient placé leurs avant-postes.

a Nous voyagions depuis douze heures, et nous n'avions encore pris aucune nourriture. L'enfant réclamait d'ailleurs les soins de sa mère; et comme nous n'étions plus qu'à une demi-lieue de mes compatriotes, nous jugeâmes que nous pouvions faire, sans danger, une halte dans une grotte dont l'entrée était presque entièrement cachée par des lianes suspendues aux rameaux de plusieurs mimosas. L'esclave de Laobé nous avait vanté la fraîcheur et la sûreté de cette retraite. Elle était assez spacieuse pour contenir nous et nos montures.

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