‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 57 sur 232 · LIVRE I, CHAPITRE VTI. TO · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VTI. TO

ger de l'éducation de ma fille ; mais il faut l'avouer, cette éducation a été malheureusement fort négligée. Madame Sauvai, c'était le nom de cette respectable dame, était d'un âge déjà avancé , d'un caractère faible , d'un esprit assez peu éclairé.

Il y a peu de ressources au Sénégal relativement à l'instruction de la jeunesse; puis, Dagana, née avec des passions très impétueuses, ne montrait pas toute la docilité nécessaire pour profiter du peu de leçons qu'elle recevait : de tout cela il est résulté que son éducation a été celle d'une vraie créole ; aussi son avenir est-il souvent l'objet de mes vives inquiétudes. L'ardeur de son imagination ne trouve pas d'aliments suffisants dans la culture de son esprit ; elle est dévorée d'un fond d'ennui auquel je ne sais comment remédier. Il faudrait pour satisfaire son activité, malheureusement inoccupée , un perpétuel changement de lieux et d'objets. Elle a quelque choses de l'esprit errant de la tribu nomade à laquelle appartenait sa mère. Les plaisirs de la capitale ont

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déjà perdu leurs charmes pour elle , et quant à moi j'ai assez long-temps couru le monde pour désirer d'achever mes jours paisiblement. »

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