‹ Aventures d'Alphonse DoriaChapitre 62 sur 232 · LIVRE I, CHAPITRE VIII. | iq · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VIII. | iq

me rendaient très incertain sur le choix d'une profession; revenu dans la maison paternelle , je ne me pressai pas de me décider. Je trouvai fort doux d'avoir la libre disposition de mon temps , de passer mes journées , sous le toit domestique , en lectures qui me plaisaient , ou en promenades de mon choix , lorsque le temps le permettait, soit dans les rues de Paris les mieux faites pour amuser la curiosité des oisifs , soit dans les« bois qui couronnent ses environs et dans lesquels j'aimais à m'égarer tout le long du jour, portant sur moi mon frugal dîner , et jouissant avec délices de ma liberté.

Je passais des heures auprès de ma mère , pour laquelle je sentais la plus vive et la plus profonde tendresse. Je lui lisais quelques-uns des livres qui pouvaient l'attacher ; la finesse de son goût , l'élévation de son esprit, une certaine disposition mélancolique, donnaient à ses remarques et à ses jugements un charme que je ne saurais définir. Bien qu'elle vécût loin du monde, elle le connaissait d'instinct; elle m'en

signalait les dangers et me faisait goûter d'autant plus aisément la morale qui coulait de ses lèvres, qu'elle me montrait mieux, en me donnant ses conseils , combien elle savait lire dans mon cœur et comprendre les passions qui se cachaient sous mon insouciance et ma paresse apparentes.

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