‹ Aventures d'un jeune françaisChapitre 12 sur 24 · BATTO^'S LE FER CHAUD. ! ^<J · texte numérisé non relu

BATTO^'S LE FER CHAUD. ! ^<J

* prendrons que de nouveaux sujets w de nous féliciler, et de nouveaux » motifs d'rstimer cette famille.

» Depuis prrs de deux ans quonous w sommes voisins, et que, même » sans le vouloir, je suis à portée » d'observer tous les indi>idus de » cette maison , il est impossible « que je me refuse à tous les senti- « mens de respect et d'admiratioa » qu'excite universellement leur « conduite connue. Enfin , noua « verrons, et j'en augure bien. «

M. Berlhcreaii ayant accepté, les deux cousins s'y rendirent. M. de Latour avait deviné Juste : le con* seiller leur donna les détails les plus satisfaisans sur l'origine, les aventures et la fortune actuelle do W. Dalbois.

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Fils cadet d'un très -bon gentilhomme de Franche -Comté, et ne pouvant prétendre qu'à une médiocre légitime , il avait eu de bonne heure le goût des voyages; un prince^ polonais se l'était attaché par goût pour la langue et la littérature française. Celte liaison devenue un attachement durable, il se trouva lancé parmi les grands de ce pays -là, qui aimaient son caractère; enfin , il était devenu l'ami de cœur et le favori du Souverain lui-même, qui l'avait pris à son service, et l'employait dans les négociations les plus secrètes et Jes plus importantes.

Heureux autant que fidèle dans toutes les affaires qui lui furent confiées, comblé de bienfaits de toute»

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paris, ili eut occasioQ de faire une ni^gnifiquiî fortune, ilont il eut la prutkuce do faire passer , sous main, la meilleure partie en France et eu Hollande : prévoyant avec sagesse la possibilité d'une révolution dans un gouvernement où elles sont si fréquentes, il se mit en garde contre l'avenir, et fit bien. Après une dizaine d'années de jouissance paisible, des troubles, trop connus dans l'Europe, culbutèrent le prince régnant, et jetèrent le désordre dans toutes les fortunes.

M. Dalbois, ne pouvant plus rien pour le Souverain qu'il avait honorablement servi, parvint à se retirer sans embarras avec l'estimable femme qu'il avait épousée, et qui

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estait elle-même étrangère à ce pays.

Il quitta le titre, trop pompeux à ses 3'eux, dont le Roi l'avait honore, CD le gratifiant d'une terre considérable, qu'il vendit en parlant ; et se voilant modestement sous l'égide tutélaire du simple nom de Dalbois, avec lequel il avait commencé cette belle fortune, il revint en France.

Il avait d'abord eu le désir d'aller se fixer dans la province qui l'avait vu naître, il y avait même passé près d'une année; mais peu content des parens qu'il y trouva, ennuyé, blessé de leurs tracasseries intéressées, et -îl'entrevoyant que des désagrémens -futurs par la difficulté de les sali^ faire tous, il avait pris le parti ^léfînitif de se retirer. 11 avait fai^t

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connaissance depuis long -temps avec la fainille Berthcreau, dont Fun des individus élaitétahJi comme banquier dans la capitale lointaine qu'avait habitée d'une manière si brillante M. Dalbois. De là lui était venue la connaissance du conseiller, qui lui avait, et avec raison, vanté la province qu'il habitait, et la ville où il avait acquis une charge honorable, comme le séjour le plus agréable de France, sons tous les rapports.

!M. Dalbois, qui trouvait dans le conseiller un ami sûr, peu exigeant, avait suivi son conseil , et se trouvait le plus heureux des hommes dans la modeste, mais jolie maison qu'il occupait : le climat lui [biaisait; la

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\ille était charmante et bien située; les habitans en général en étaient bons, sociables, et disposés à la bienveillance.

Les goûts de sa femme étaient parfaitement satisfaits; fatiguée du grand monde, dos intrigues de cour, des embarras du luxe et de la représentation , elle soupirait depuis longtemps après une vie tranquille et dégagée de tous soins extérieurs.

Uniquement occupée de son fils, et concentrant tous ses plaisirs dans la compagnie de son mari, tous les lieux lui étaient bons; mais celui-là surtout remplissait tous ses souhaits :

des promenades charmantes à sa porte ; de la société autant et si peu qu'on en voulait; un spectacle assez

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Lon; un marché toujours très-bien fourni; du gibier, des légumes, des fruits surtout tl une bonté qui a fait la réjuitalion de celte contrée ; cntin , des maîtres de tous genres pour son fils, qui jamais jusques-là ne l'avait quittée , tous ces avantages lui rendaient ce séjour délicieux.

Un autre soin pi us louchant l'attachait encore à cette situation. M."* Dalbois redoutait comme le feu cette brillante renonnnée de l'éducation parisienne; elle tremblait que son mari ne voulût y envoyer leur enfant.

Elle n'ignorait pas que si Paris est le foyer des sciences , des talens , de la perfection en toutes choses, il est aussi le séjour de la corruption , des mauvaises moeurs, du mauvais

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exemple en tous genres ; et qu en général le séjour si vanté de cettfe capitale est plus pernicieux qu'utile aux jeunes gens, dont les parens ne peuvent faire surveîî!er d'assez près la conduite.

Nous ne déciderons pas s'il n'y avait point un peu de préjugé dans celte manière de voir. Élevée dans «ne grande sévérité de mœurs, et ne connaissant Paris que par le mal qu'en disent certains misanthropes, elle préférait garder son fils près d'elle , aimant mieux pour lui moins de brillant dans les manières, et plus de solidité dans les principes.

C'est par suite de cette façon de penser qu'elle avait surtout désiré de le marier de bonne heure, et de

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liiî trouver, s'il <5tait possible, dart^^ la proTiDcc, une femme dont lecœur frit encore neuf, les mœnr* pures et le» rnclinations douces el dociles.Toutcs ses recherclies, toutes les observations qu'elle avait été à portée de faire jusqu'ici sur les diffc rentes jeunes personnes qu'elle avaftvucs, ne lui avaientrien enc&re cfFcTt qui pût satisfaire ses désirs.

La seule Adélaïde de Latour réunissait au plus haut degré toutes les quaiités dont elle s'était fait l'idée; elle y trouvait encore, â& plus , les charmes extérieurs et l'éducation la plu* soignée. Arrêtant donc ses vues sur cette ainiabl-e fille, elle avait remarqué avec une gatisfaclion cxlrtmc la passion qu'ello

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inspirait à son fils , et- n avait pas- vu? avec moins de plaisir le penchant secret de la jeune personne; sentiment que celle-ci n'osait pas s'avouer à elle-même, mais qui, pour une observatrice aussi intéressée que M.°^ Dalbois , ne pouvait échapper à ses regards.

Le parti était si bien pris che2; elle de ne pas chercher ailleurs une compagne à son cher Auguste, que , sans la circonstance bizarre qui donna lieu à ce jeune homme de s'ouvrir le premier à sa mère, celle^ ci n'eût pas différé long -temps à entamer elle-même la négociation; mais ce moyen s'étant présenté si heureusement, elle l'accueillit avec chaleur, et sut avec adresse faire

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