‹ Aventures d'un jeune françaisChapitre 13 sur 24 · BATTONS LE FER CHAUD · texte numérisé non relu

BATTONS LE FER CHAUD

partager cet empressement à sou luari. De là s'en suivit la rapidité que celui-ci mit dans ses démarches; induence féminine, que le chanoine devina trés-flnement.

C'est en effet un spectacle trèsplaisant en lui-même , et qui n'est pas assez observé dans le monde, que l'influence secrète des femmes un peu adroites, un peu instruites, sur leurs maris, sans que ceux-ci s'en aperçoivent, et même s'en doutent. Tel grand personnage, soit dans les conditions publiques, soit dans l'état privé, croit agir par lui-même, qui n'est que le mannequin honoré, mu par tel ressort dont le rouage est pour lui icltrcs closes, a Tu crois que c'est moi qui

lÙSr CHAPITRE XV.

» règle tout dans Athènes , disait urï ï> chef de cette république illustre w à son afmi; tu te trompes, je suis yy mené par cette femme que tu » vois; cette femme est menée par )5 ce petit garçon ; donc c'est ce petit yi garçon qui mène Athènes ... »

Hélas ! c'est ainsi que presque tout marche dans ce bas -monde, en grand comme en petit, et peut-être les choses n'en vont pas plus mal.

Quoiqu'il en soit, grâces soient rendues, pour cette affaire -ci, à M."'* Dalbois ! les deux jeunes gens l'iii devront le bonheur.

Le chanoine et son parent M. dé Latour ne manquèrent pas de se^ rendre le lundi au dîner auqueias étaient invités. M."^' I>albojs les

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reçut avec toute la grâce possible; elle y joignit nicaie une coquetterie d'amabilité qui eût séduit ses hùlcs, s'ils ne l'cusseut été d'avance par tout ce qu'ils avaient appris du conseiller.

L'alî'aire qui les amenait fut bientoC niiic sur le tapis. M. Dalbois, après quelques minutes d'entretien banal , cl sur un signe de sa femme, se leva , s'adressa , avec un salut fort noble, à M. de Latour, et lui fit la demande solennelle de la main de M/"' Adélaïde pour son fds. M. de Latour , accueillant celle ouverture avec la gravité convenable à la circonstAUce , répondit a qu'il s'ca » trouvait liouoré; qu'il l'accordait ,)» avec joie; que sa fille était, siins

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» exception , ce qu'il avait de plus » cher au monde; et qu'il confiait » volontiers le soin de son bonheur » à l'estimable jeune homme qui la » rendait l'arbitre du sien. Ma fille, w ajouta-t-il, y trouve un avantage » de plus, avantage inappréciable » qui me touche au plus haut » degré; c'est celui de procurer à >» mon Adélaïde une nouvelle mère, » la plus propre à la consoler de la » perte de la sienne. »

On fut bientôt d'accord sur tous les points. M. de Latour, résolu à tous les sacrifices possibles pour une telle alliance, exposa nettement, et en peu de mots, l'état de ges affaires , et demanda si la modique somme qu'il pouvait donner à sa

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fille paraîtrait suffisante à sa nouvelle famille.

Ce fut M "• Dalbois qui prit la parole. « Mon cher voisin, lui dit- » elle, il serait peu généreux à nous, » et peu conforme à nos sentimens, » de nous targuer vis-à-vis de vous » de la fortune que nous sommes w décidés de donner à notre fils, » et qui, suivant l'usage ordinaire, M exigerait parité de traitement de » votre part. Mais mon mari, mon » fils et moi trouvons un tel trésor » dans voire Adélaïde, que nous M n'en désirons point d'autre que >) sa personne. C'est une résolution ») prise, à laquelle nous tenons ab- » solument, et comme vous dites, »> MM. les sayaus, sine quà non,

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» 11 V0U9 reste encore quatre enfans » à pourvoir, M. de Latour; souffrez » que celle-ci sait notre affaire ex- 5î clusive. Nous sommes prêts a vous » donner quittance du double de ce » que vous proposiez de faire pour w votre aînée. »

11 fut ensuite parlé du voyage et de la question de savoir s'il s'exécuterait avant ou après le mariage.

M. de Latour en laissa la décision à M.""* Dalbois, s'en rapportant, dit-il , là -dessus, à ce qui lui semblerait le mieux. Elle fut sensible à cette déférence, et elle témoigna que, son penchant la portant à jouir le plus tôt possible du bonheur d'avoir sa belle - fille avec elle, notamment pendant l'absence de

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son fils, elle était pour l'avis d'unir sans délai les doux jeunes gens; mais que, cependant, elle se conformerait au sentiment de son mari, si, par quelque motif qu'elle pouvait ignorer, il préférait que le voyage eut lieu auparavant.

M. Dalbois retrouva dans cette occasion son liabilude des mais et des si. Il balança long -temps le pouj" et le contre; il crut qu'il convenait aussi d'avoir îe sentiment du jeune homme. Le chanoine lui fit observer que si le futur ne consultait que sa propre volonté, son propre désir, il n'y avait point de doule qu il ne fut pour le mariage sur-le-champ, et que cela élait ilarjà lu nature; mais qu'accoutumé

à céder en tout aux ordres , aux intentions seulement présumées de ses chers parens, il s'attacherait à deviner d'abord de quel côté ils pencheraient, et qu'à coup sûr il s'y rendrait par respect; de sorte, ajouta-t-il, que vous croirez avçir l'opinion de votre fils , tandis qu'au fait vous n'aurez que celle qu'il vous supposera.

Cette observation, très-spirituelle et très -juste, frappa M."* Dalbois, dont elle flattait le penchant; elle pria son mari de réfléchir sur sa justesse, et de décider par luimême. En même temps un regard prolongé, tel que ceux dont elle savait user dans des occasions où soa cœur était intéressé, accompagnait

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