‹ Aventures d'un jeune françaisChapitre 16 sur 24 · LE TIEUX LORD · texte numérisé non relu

LE TIEUX LORD

encore y croiro, tant l'excès du bonheur la trouble et rinlimitle?

Tel fut l'état de la touchante Adélaïde, lorsqu'à son retour de la promenade avec les deux enfiins, M. de Latour, son père, rappela dans son cabinet, et lui détailla, non en bref, mais à l'aise et longuement, les dispositions de la famille Dalbois, l'empressement du jeune Auguste, les propositions généreuses du père, et la visite amicale de la maman pour le lendemain matin.

« Quoi! cher papa, lui dit-elle, V c'est à moi que l'on défère la « décision du jour ! je dois proî^ noncer ? Ah ! dictez-moi , de grice , v> ce que je dois dire, et comment

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« m'y prendre pour éviter toute i» affectation et toute gaucherie. »

« Sois simple et naturelle, lui yi répondit M. de Latour; ne change » rien à ton caractère, à tes ma- » nières habituelles. M."' Dalbois -» est la plus indulgente des femmes, >> la plus tendre des mères ; elle a >) mis son cœur à cette union , elle V partage la tendresse de son fils pï pour toi ; tu ne peux , ma chère » enfant, qu être heureuse dans 5^ cette aimable famille, et je me » repose entièrement sur ton cœur >5 pour la réception de celle qui a w donné le jour à ton amant. Tu 5) peux, avec respect, lui demander T>^ cc?jseil à elle-même sur le terme » qu'elle sollicitera; il ne faut ni

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w empressement, ni relards ritliî) cules. Mais je me trouve bien M bon de m'appesantir sur de tels w avis ; c'est de toi , c'est de ta pru- M dcnce, ma chère fille, qu'il Hiu- » draitlesprendre.... Aimc,etlaisse- » toi aimer; ce rôle est facile, et tu » t'en tireras à merveille. »

II ne se trompait pas. IM."' Dalbois ne manqua point à l'heure dite : son fils vint la rejoindre deux heures après; et tous les deux s'en retournèrent comblés de joie , de tendresse et d'admiration pour l'aimable personne, quoique le jour heureux li'eùt point été fixe encore; mais ils avaient très-bien vu que le cœur aimant d'Adélaïde l'aurait devancé, si sa bouche timide eût osé prononcer.

^12 CHAPITRE XVir.

On lui accorda donc le petit délai qu'elle implorait pour aller faire part à sa tante Sainte-Agathe, aux tJrsulines, de son prochain changement d'état , et du bonheur qu'elle s'en promettait, a C'est encore ma V mère, ajouta-t-elle, en attendant 55 celle que la bienfaisante Pro\i- » dence va bientôt me procurer. »

Celte aimable observation, prononcée à voix basse et touchante^ fut accompagnée d'un regard qui manqua rendre fous la mère et le fds; de doux embrassemens terminèrent l'entretien , que l'on se promit de renouveler dans la semaine.

Pendant ce temps, le chanoine s'occupait avec ardeur du soin dont il s'éiait chargé pour éloigner

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