TOM. 11. M
24a CHAP.* XVir. lE VIEUX lORD.
temps se pavaner à Londres, et nous revenons en France , où bientôt il va être , hélas ! question de toute autre chose que de plaisanteries.
LA RELICIEtSE.
civ^UE me dis -tu là, chère Adé- » laide, répétait la bonne Sainte- » Agathe à sa niécc? La chose est » donc vraie? tu vas devenir la w plus heureuse femme de la ville, » comme tu en seras la meilleure, M j'espère, et la plus riche, à ce î) qu'on prétend.
» Sais-lu que celte excellente -» î\I."*Dalbois, la mère de ton futur, >» est venue me voir hier; que nous
a44 CHAPITRE XVIII.
» avons passé deux heures ensemble » auparloir, et que je suis enchantée >î d^elle? Ahl combien elle t'aime, « mon enfant ! Quelle félicité elle se » fait de t'a voir dans sa maison!
» De quels soins, de quel bonheur, » de quelle tendresse elle se pro- » pose de te payer l'amour et les «r» égards que tu auras pour son Au- » guste, son fds unique! lu juges, ^> ma chère, les larmes de joie qui » coidaientfurti vement de mes yeux.
» Je me figurais ta mère, ina pauvre V sœur, jttant sur nous, du haut » du ciel, ses regards satisfaits, » et remerciant la Providence des » biens répandus sur sa famille.»
a Quoi l chère tante , M."^ Dalbois » est Tentée d'elle-même \ous voiç
LA RELIGIEUSE. S/ji)
yrïircr? que celte marque d'amitié » me louche! »
« Ce n'est pas le tout, reprit la » religieuse ; elle doit m'amener sou » fils après demain; il est impatient, » dit-elle, de faire connaissance avec » la tante chérie de son Adélaïde*.
» Combien je te sais gré, ma petite, î) de la déférence que tu leur as » témoignée pour moi ! tu leur as » dit que tu ne pouvnis, que tu » ne voulais rien arrêter qu'après » m'avoir vue. C'est me payer au » centuple de la tendresse que j'ai » pour toi.
î) Va , je n'en abuserai pas. Le peu w que j'ai vu , joint à ce que j ai >î appris par d'autres, de cette csli- » mablc famille, me rend aussi
2 1^6 CHAPITRE XYIlï.
» empressée que qui que ce soit de 3) t'y voir entrer. Il convient de ne » pas les faire trop attendre : il ne
V faut pas que les délais que tu c» peux demander paraissent venir »! de caprices ou d'affectation; il
V faut les borner, ce me semble, au
V temps simplement nécessaire pour
V les arrangemens de ta toilette, de
V ton trousseau , tels que le com- » porte ton nouvel état, et l'honneur « qu'il convient que tu fasses à tes » respectables parens. Ton père , qui « était ici il y a une heure au plus, » est entré avec moi dans une partie
V de ces détails, et désire que le 3) moment heureux ne soit pas >î reculé au - delà de six semaines.
« Qu'en penses-tu, mon aimable » nièce? »
lÀ RELIGIEUSE. 2.]']
Pour toute réponse , Adélaïde sauta au cou de la religieuse , qu'elle inondait de délicieuses larmes, a Ahl V c'est trop, c est trop, dit-elle enfin, ïî Quoi! mon père, ce cher et bon » papa sort d'auprès de \ous!....
» Mais je suis donc devenue une >î personne bien importante par ce ^) mariage? Comment pourrai -je » reconnaître tant d'amitiés , tant » de prévenances? w
« En continuant d'être ce que tu » as toujours été, bonne, aimante « et docile. La nature a tout fait )> pour toi ; ton éducation a encore ^> perfectionné tes charmantes qua- Tfi lités; c'est en les exerçant, ma v> belle amie, au sehi d'une famille » lieureuse, que tu récompensera»
248 CHAPITRE XVn».
» tout le monde. Je jouirai de ton » bonheur; il ne se passera point » de jour que je^ n'en deniande ait P ciel l'accroissement.
M A propos, Adélaïde, j'ai traité ^) avec ton père du petit voyage que » je médite aux eaux, et que la » présence me rendrait si délicieux; ,>i j'en ai parlé aussi hier à M.°* Dal-
V bois , qui n'a d'autre crainte que ,» de le Toir durer trop long-temps.
» Pour accommoder tout le monde,
V j'ai résolu de ne point aller à ces » célèbres et bruyantes eaux de » Bourbon , qui sont trop lain et .3) qui nous écarteraient trop de tes » amis ; mais de faire, avec la petite » Caroline et toi , une promenade p d'une quinzaine de jours au pluS|