DIGNE ET BON PAPA , HESPIREZ. I I
domestiques et autres. Les deux eijfans sautaient par la place, et criaient de ]o'u\ La bonne Jacqueline ne se possédait pas. M. de Latour voulut qu'on distribuât du vin à la cuisine, et que tout le monde prît part à la satisfaction commune; mais en recommandant, plus fortement que jamais, que tous ces secrets restassent ensevelis dans le sein de la famille, et que rien n'en perçât au -dehors jusqu'à nouvel ordre. Par exception seulement , il chargea sa fille d'aller le lendemain malin communiquer les lettres à la bonne religieuse, et il se réserva d'en dire, lui, ce qui conviendrait à M. le chanoine.
Le soir, les trois lettres furcot
11 8' CfiTAPITRE XIV.
relues en commun. M."^ de Samvanne, maigre la préoccupation de ses affaires personnelles, ne put se défendre d'être attendrie ,.elle pleura de compagnie. Quant à Châties, froid comme In glace intérieurement, mais obligé, par bienséance et par crainte , de paraître touché , il n'éprouva de sentiment que celui?
d'une basse jalousie , qu'il se garda= bien de montrer au-dehors»
Dès qu'il fut l'heurf^ de sonner' au couvent , Adélaïde se rendit près^ de sa tante. Cette excellente per- «ôonne, en qui la plus haute piété n'altérait en rien les louables «en- Jtimens de la nature, sentitde douces larmes couler de ses yeux au réoiH des succès de son neveu favorfe-
ftrC^E ET BON PAPA, RÏSPIREZ. 1 19^
fi Louons Dieu do toutes clioses, w dit -elle; ce jeune homme feru w son chemin. D'après tout ce que w lu viens de me Hre , ma chère n nièce, a jouta-t-elle , il est évident T) que c'est à son mérite , à son » caractère aimable et noble , qu'il » doit les faveiîps dont il a été -» comblé par les honnêtes gens de >ï cette ville du llàvre. Je suis tentée » de croire aussi que c'est son boti » ange qui l'a conduit par la main, •n et qui surtout l'a préservé dans » ce terrible combat qu'il a sou- » tenu contre quatre coquins. li w reviendra, ma chère, Dieu nous » fera la graee de nous le rendre, y) Avec quelle ferveur Je vais prier V pour luil »
M."" Sain te -Agathe confia à s^ nièce que, parles deruières éleciioivs terminées depuis quelques joups dans le couvent, sur les ordres de levêque, et qui l'avaient élevée à une d< s dignités de la maison, sa clôture ne serait plus si rigide; qu'en conséquence elle s'arrangerait pour faire un petit voyage d'uQ mois ou deux aux eaux de Bourbon, pour sa santé toujours chancelante; et que son dessein était de demander à M. de Latour la faveur de se priver de sa chère Adélaïde pendant ce temps, et de permettre qu'elle l'accompagnât dans cette petite course. Et si tu m'en crais, <ionlinua-t-elle, nous emmènerons avec nous la petite CaroUne, qui