A2 AVENTURES DE DEUX PARISIENNES
— r Ah I sacrebleu ! non. Maîa adieu, mon commandant. Gardez votre enthousiasme : vous serez peutêtre protégé par lui. Mais promettez-moi deux choses, La première, de ne dire mot à âme qui vive, et surtout au citoyen Dubois-Joli ou à sa fille, ou à aucun de leurs amis, de ce que vous m'avez vu faire cette nuit. Conservez, — c'est la seconde chose que je vous demande, — cette passe, et si jamais vous apprenez que Fouquier-Tinville m'a invité à l'un de ses bals, venez me trouver. Vous êtes courageux et honnête, et bon. Je vous laisserai la suite de mes affaires.
Avec un sourire qui n'était pas sans tristesse, il , indiqua d'un signe la maison de Lise.
— Je le promets, répondit La Raison avec son austère simplicité. Mais je ne vous dis pas adieu, seulement au revoir. J'ai une lettre pour le citoyen juge de paix, de la« citoyenne sa sœur.
— Très bien I venez ce matin, vers dix heures, vous m'y trouverez. Je connaîtrai mon sort. Mais je ne veux pas avoir lair de sortir du cimetière de la Madeleine; je vais dormir quelques heures. J'ai demandé un jour de congé à mon chef, qui est un aimable homme. Ah I ah ! vous aussi vous êtes un aimable homme. Eh bien I vous aurez l'étrenne d'un joli mot : Savez-vous ce que j'ai trouvé pour désigner une amie de ma cousine Lise et de son amie la belle Emilie Crassus. Cette jeune personne dont vous avez entendu parler, car c'est une puissance, Eléonore, la fille du menuisier Duplay, et la future... huml... la future du grand citoyen Robespierre, savez-vous quel
suraom je lui donne ? Coraélie Copeau 1 Est-ce assez joli? Réfléchissez. Est-ce assez bien trouvé pour peindre la solennité démocratique de cette impératrice menuisière ?
Il se sauva en riant et en laissant le commandant stupéfait.