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ressés à les accréditer, étaient contestées énergiquement par les contemporains. On a prétendu que si le roi avait été chercher un refuge à l’Assemblée, c'était le procureur syndic du département, M. Rœderer, qüi lui en avait donné le conseil et qui, par son insistance, lui avait fait adopter et exécuter cette grave résolution. 1] n'y pas la moindre vraisemblance dans l’assertion que le roi l'ait prise par l’inspiration d’un personnage qui était étranger à sa Cour, à ses ministres, à sa politique et à ses Opinions. On ne citerait pas un seul exemple qui montrât qu'aucun royaliste constitutionnel, comme l'était M. Rœderer, ait exercé sur Louis XVI une influence quelconque; et l’on veut que, lorsqu'il s’agissait de sa couronne et de sa destinée, le roi ait cédé à un conseil qui avait toute l'apparence d’une trabison. Admettre que la reine, qui avait tout pouvoir sur son époux, se soit laissé guider par cet avis, c’est méconnaître le caractère altier de cette princesse et oublier avec quels mépris superbes elle avait accueilli les conseils de La Fayette et de Mirabeau, qui cependant ttaient gentilshommes, et qui, pour sauver la monarchie, disposaient, lun de soixante bataillons, l’autre d’un ascendant éprouvé sur l’Assemblée nationale. La supposition que l’effroi lui fit accepter ce parti est également contredite par l'intrépidité qu’elle témoigna dans tous les périls de sa vie, et que deux heures auparavant, lors de la revue des troupes du Château, elle venait encore de montrer. Pour se convaincre que la terreur ne fut pour rien dans cet acte, il suffit dese rappeler le discours du roi au moment où il entra dans l'Assemblée : on n'y trouve que des paroles qu'on dirait avoir été préparées et qui manifestent bien moins la crainte que lirritation. S'il accusa l'insurrection d'en vouloir à sa vie, c'était uniquement pour motiver sa démarche, et cette imputation tombait
d'elle-même, puisque, pour pénétrer dans la salle, il avait fallu que la famille royale traversât un rassemblement considérable et tumultueux, et qu'aucun attentat contre sa sûreté n'avait été commis par la populace ameutée. Au contraire, un homme du peuple, voyant le jeune dauphin pressé par la foule, l’avait pris dans ses bras et l’avait porté avec un soin paternel jusqu'à l'entrée de l’Assemblée, le remettant alors à sa mère et à sa tante, avec des marques d'intérêt pour ce pauvre enfant.
Lorsque le roi quitta les Tuileries et se rendit à l’Assemblée nationale, il ne céda donc point, comme on l’a dit, aux remontrances du procureur syndic du département, il exécuta ce que son conseil avait arrêté d'avance. Les avantages de ce projet étaient manifestes : les dangers du combat étaient évités à la famille royale; la responsabilité du sang versé à grands flots pouvait être déclinée; la victoire promisé à la Cour n’était achetée par aucun péril, au moment du succès, le roi devenait maître de la représentation nationale et lui dictait sur-le-champ les mesures qui accomplissaient la contre-révolution ; il disposait, pour atteindre cet objet, de la force militaire qui l'avait escorté, et qui gardait les issues de la salle des séances. Cette force d'élite était bien plus grande que celle qui accompagnait Cromwell quand il expulsa le Long Parlement. Dix minutes après la victoire, le roi pouvait être réinstallé aux Tuileries plus absolu que Louis XIV, et la Révolution prenait place dans l’histoire parmi les vaines tentatives des peuples pour briser les fers de leur esclavage.
Cette fois, du moins, la justice éternelle ne permit pas qu'il en fût ainsi.
Dès le point du jour commença la guerre civile. Les Fuileries en prirent la triste initiative. Le maire de Paris, Pétion,
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fut mandé au nom du roi pour lui rendre compte de l’état de la capitale. Il obéit. En entrant au Château, il fut environné par les grenadiers des Filles-Saint-Thomas, et il aurait été mis en pièces, si, après une longue délibération dont sa mort était l'objet, le parti plus humain, ou plus politique, de le garder comme otage, n'avait prévalu parmi ces furieux. Pendant plusieurs heures, le premier magistrat de Paris fut retenu prisonnier et accablé de menaces et d’injures dans le palais du roi, où il avait été attiré par un guet-apens. L'Assemblée nationale, informée de sa dangereuse position, le réclama avec tant d'insistance, qu’on se décida, après beaucoup d’hésitations et de délais, à le relâcher.
Les représailles ne se firent pas attendre. A six heures du matin, le commandant général de la garde nationale, Mandat, au moment où il achevait les dispositions pour la défense des Tuileries, reçut l'invitation de se rendre à l'Hôtel de Ville, où siégeait le conseil de la commune. Sachant quesla colonne des insurgés du faubourg Saint-Antoine devait, dans sa marche contre le Château, déboucher par l’arcade Saint-Jean, qui s’ouvrait alors sur la place de Grève, 11 avait donné dans la nuit l’ordre de garnir cette place de troupes fidèles, et d’y mettre en batterie du canon qui pût couvrir de mitraille l'étroit défilé de l’arcade. Il avait donc besoin de visiter la Grève pour s'assurer de l'exécution de ces dispositions et probablement en diriger les effets. [l se hâta de monter à cheval, et, accompagné d’un aide de camp, il se rendit à la Municipalité.
Une circonstance étrange montre combien les Tuileries et leurs défenseurs étaient isolés au milieu de la population et combien ils étaient étrangers à ses sympathies. Lorsque Mandat eut été introduit dans la salle de la Com-