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impossible qu’on ne découvrit pas son asile. Cependant, lorsqu'on poursuivit au milieu des bois cette recherche acharnée, l’épaisseur des ombrages, les accidents du sol,-la multiplicité des sentiers diminuèrent par degrés la clarté de l'illumination, si bien que, lorsque je fus à une lieue du | rivage, je me trouvai dans l'obscurité, séparé de la troupe des chasseurs, et absolument seul.
Affligé du mauvais succès d’une tentative qu’avaient Inspirée les meilleures intentions, je m'assis tristement sur le | tronc d’un arbre renversé, et je cherchai dans l'observation des phénomènes naturels à reconnaître ma position. La vie | du marin et du sauvage est souvent attachée à cette sorte de prescience, et je n'avais eu garde de négliger de l’acquérir. La vivacité de l’air m’indiqua que le site où j'étais avait une élévation considérable au-dessus du rivage ; la direction de | Ja brise me fit savoir que je devais être dans la partie méri- | dionale de l’île, celle habitée par les Caraïbes noirs; et mon | oreille, accoutumée à saisir les bruits maritimes, me laissa distinguer le sourd clapotement des vagues annonçant la proximité de la mer. En interrogeant les ténèbres autour de moi, je fus fort surpris de voir à peu de distance des | étincelles sortir du sol; je crus qu’elles étaient l'effet de l'1gnition de quelque volcan; mais je dus renoncer à cette explication en reconnaissant que la végétation ne perdait point sa vigueur dans les alentours, comme il arrive aux environs des bouches volcaniques. En m’avançant vers ce lieu, j’entendis des voix, des cris, des gémissements qui partalent | d’une demeure souterraine cachée dans les rochers, presque sous mes pieds. La voûte de cette caverne était formée de blocs de basalte lancés par quelque cratère voisin, et dont les interstices donnaient passage à la lueur d’un foyer domestique allumé dans cette habitation. Je pus, à l'aide de l’un
de ces soupiraux, plonger mes regards dans l’intérieur qui était compiétement éclairé par le feu. Je ne vis d’abord que des femmes appartenant à la tribu noire; mais, en cherchant d’où provenaient les lamentations qui se faisaient entendre, je découvris avec horreur un homme blanc presque nu, serré :* étroitement dans un filet de pêche et couché en travers du l1\ VÉRe à “foyer, si près de la flamme, qu’il devait en éprouver l’ardeur il} | É “à :- = brûlante, augmentée d’ailleurs progressivement par le bois EN 7 qu'une vieille femme jetait dans le feu. Le malheureux ( “ 7, soumis à ce supplice était lé capitaine Dawson. Comment ne | était-il tombé dans cette caverne et au pouvoir de cette A | mégère? Voici par quelles circonstances la fatalité l'y conduisit :
Lorsqu'il s’évada de la goëlette, il se dirigea vers la passe des montagnes qui conduisait dans la partie anglaise de l’île, et, s'il eût été favorisé par la fortune, il aurait atteint la ville de Kingstown dans la nuit, et il serait rentré coucher chez lui. I en fut tout autrement. En voyant les torches de ceux qui le poursuivaient s’avancer plus vite que lui, il crut que le chemin lui était coupé; et des enfants l’aperçurent lorsqu'il prenait un sentier différent qui aboutissait à la côte du sud. Il savait bien que, dans cette direction, les
A1 montagnes s’élevaient en hauts escarpements qui ne lui Da permettaient pas de les franchir pour passer sur le terri- 1 Di | toire anglais ; mais il connaissait une caverne qui communot à niquait par une sorte d’escalier avec un sentier en corniche | | au-dessus de la mer par lequel on pouvait contourner un mi à promontoire, et sortir, non sans périls, du domaine des Ca- Ê f : il raïbes. Cette caverne était habitée par la mère du chef de | la tribu noire, vieille femme décrépite, qui ne pouvait lui opposer aucun obstacle, et dont la réputation de sorcière ne lintimidait point.
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