‹ Aventures de guerreChapitre 44 sur 62 · sieurs, Victor Hugues en payerait chaque tête par de la · texte numérisé non relu

sieurs, Victor Hugues en payerait chaque tête par de la

!! poudre à canon et d'excellente eau-de-vie. Ma négociation

eut le plus heureux succès. L'esprit des sauvages ayant été

changé par cette manière de considérer l'existence de leurs

ennemis, ce fut à qui s’empresserait de sauver les naufra-

gés. L’humanité fut portée si loin que plusieurs matelots

blessés ou malades, ne pouvant se confier au va-et-vient

qui leur donnait moyen d'atteindre la côte, les guerriers

noirs allèrent, au péril de leur vie, les chercher sur les

débris de la frégate, et les ramenèrent non sans peine à terre.

Ce n’était pas un faible embarras qu'un nombre de prisonniers aussi considérable. Pakiri leva la difficulté. Il distribua ces nouveaux hôtes dans des cavernes où rien ne leur manqua que le pouvoir de s'échapper. Trois jours après, des corsaires de la Guadeloupe venaient les prendre pour les conduire au fort Saint-Charles de la Basse-Terre. On peut encore aujourd’hui apprendre des vieilles négresses de la colonie la complainte des malheurs éprouvés par l'équipage de la frégate le Laurier, par suite de la malédiction d’une jeune sorcière caraïbe, que le capitaine avait voulu violenter et qui s’en vengea on ne peut mieux.

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À la fin de cette terrible journée, rien de l'ouragan ne paraissait dans les cieux ; la brise rafraïchissante des vents alizés soufflait avec son haleine parfumée ; le soleil se couchait dans toute sa magnificence, et les étoiles, dont le scintillement est si beau entre les tropiques, commençaient à jeter dans l'air une clarté douce et abondante dont notre climat ne donne aucune idée. Mais le retour de la sérénité de l’atmosphère et du calme de la nature ne me rendait point ma case que je croyais détruite, comme les autres carbets, par la fureur de l'ouragan, et j'en étais à envier la caverne où les prisonniers pouvaient réparer leurs fatigues par un sommeil heureux. J’allais demander au chef rouge où il comptait poser sa tête, quand la petite Zami, alerte comme un colibri et parée comme un jour de fête, vint me chercher pour monter à l’habitation des Mornes. Elle m’apprit que rien n’y avait souflert des ravages de l’ouragan, dont la limite supérieure s'était arrêtée plus bas. Ainsi, cette effroyable perturbation de l'air était renfermée dans la couche inférieure de l'atmosphère, celle qui est en communication immédiate avec la mer, et ses effets avaient été bornés à la région basse des montagnes, comme sil

leur avait été dit : Vous n’irez pas plus loin! Ce fut un

grand plaisir pour moi d'apprendre que le jardin, les arbres, les fleurs, ouvrages des mains d'Éliama, avaient été respectés par la tempête, et que la jeune fille avait retrouvé sa charmante demeure comme elle l'avait laissée, sauf plusieurs plantes fleuries et odoriférantes que les navires d'Europe et d’Asie m'avaient fournies pour ÿ ajouter quelques charmes de plus.

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