‹ Aventures de Lazarillo de TormesChapitre 38 sur 44 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

La police enfarinée.

LA maison où ma maîtresse allait dîner me parut pleine de myftères ; située dans une rue déserte d'un des faubourgs de la ville , elle avait deux entrées & les volets des fenêtres étaient soigneusement fermés.

Quand nous arrivâmes, nous trouvâmes dans un petit salon du rez-de-chaussée six ou sept dames en grande toilette de gala & masquées.

Celle qui paraissait être la maîtresse du logis demanda à la couturière si j'étais capable de bien garder la porte, & sur sa réponse affirmative on me conduisit à une petite porte , qui ouvrait sur une ruelle où Therbe poussait aussi drue qu'en plein champ, & l'on me recommanda de n'ouvrir qu'à ceux qui après avoir frappé diraient ces mots de passe au guichet :

La poire & la pomme sont sœurs !

Je n'attendis pas longtemps; en moins d'une demi-heure, huit beaux seigneurs, enveloppés jusqu'aux yeux dans leur manteau, avaient donné le mot de passe au guichet, & étaient allés rejoindre les dames au salon.

Quelques minutes après que le dernier fut entré, un

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