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un ami. Le Saturnin, le bourgeois, l'homme de rien, me revenait au nez comme une fâcheuse odeur. Ce n'est pas là un des nôtres, il le sait, et comme ces genslà se croient quelque chose, il ne veut pas être traité comme nous le devons traiter. Qu'y faire? La position est délicate.
Sans compter tous les inconvénients qui peuvent résulter pour nous de ce que sait ce malheureux, dit M. de Paradèze. Il peut nous trahir.
— Non, dit la Châtaigneraie, je l'en crois incapable.
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— Et si, fit M. de Perbruck d'un ton mystérieux, s'il s'avisait de garder ce nom dont il a Tair de ne pas vouloir ; si, armé de ce nom, il se mettait à la tête d'un parti , s'il combattait pour notre cause, s'il y acquérait de la gloire, car il est hardi et aventureux, que deviendraisje, moi? Comment rendre compte à nos amis de l'existence de ce comte de Perbruck que tout le monde reconnaîtrait, applaudirait , suivrait peut-être, et qui serait séparé de son père ? Pourquoi ? me dirait-on; comment? où? Et, d'un autre côté, s'il abandonne véritablement ce nom, ne peut-il pas être rencontré par mes amis ? Que dira-t-il? Qu'il est Satur-
nin Fichet. Maison ne le croira peut-être pas. La Bretagne va se soulever, et quand il s'agira de reconnaître le nouveau chef de l'association, on se rappellera que la présence de mon fils a déterminé le choix, et Ton me demandera pourquoi il n'est pas avec moi à l'heure du danger. Faudra-t-il que je dise : Il a déserté notre cause? Faudra-t-il salir mon nom d'une désertion ? Il faudra donc que je dise qu'il est mort? Je le dir^i ; mais le lendemain il peut plaire à cet homme de venir me donner un démenti. Oh! tenez , tenez, il n'y a qu'un moyen de sortir de cette fâcheuse position : il faut que ce misérable disparaisse.
— C'est grave, dit M. de Paradèze, qui observait sur la Châtaigneraie l'effet des paroles de M. de Perbruck.
— C'est un crime infâme ! dit la Châtaigneraie, et je ne le permettrai pas.
— Mon fils est mort, reprit M. de Perbruck sans s'occuper de ce que venait de dire M. de la Châtaigneraie ; ma fortune, mes titres n'ont plus d'héritier... Tout cela, Paradèze, devait appartenir à l'époux de votre fille, et tout cela appartiendra à celui qu'elle épousera et qui me sauvera de la déplorable situation où je me trouve.
— C'est grave ditParadèze, en regardant la Châtaigneraie; mais il est bien difficile de se tirer de ce mauvais pas d'une façon ordinaire.
— Dans cette maison dont tous les habitants me sont dévoués, dont le silence m'est assuré, fit le marquis, mon prétendu fils peut expirer sans que jamais un mot soit révélé.
— Et qui l'assassinera, monsieur le marquis? dit la Châtaigneraie d'une voix éclatante ; ce sera donc vous?
— Silence ! s'écria M. de Per-
bruck.
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— Silence! répéta M. de Para-
dèze.
— En vérité, reprit la Châtaigneraie, c'est à ne pas croire! trois gentilshommes discutant pour assassiner un homme qui s'est dévoué pour eux! M. Saturnin Fichetne veut pas être des nôtres, je le conçois; il a trop d'honneur dans le cœur pour cela. Messieurs, reprit la Châtaigneraie en se levant, pas une parole de plus à ce sujet, ou je jure Dieu que je ne quitte plus ce garçon, et que je lui dis vos sinistres projets.
— Mais que faire? dit alors M. de Paradèze.