M2 AVENTURES
sans prendre garde à ceux qui l'entouraient, votre fils....
— Eh bien ? dit le marquis.
— Votre fils est mort , dit Marguerite en tombant, épuisée qu'elle était par la fatigue.
— Mort! s'écrièrent la plupart des gentilshommes.
M. de Perbruck était pâle.
— Mort! répéta la Berillais en s'ap-
LE SATURNIN FICIIET. \\ ~>
prochant du marquis ; mais quel est donc ce jeune homme ?
— Cette fille est folle ! s'écria violemment M. de Perbruck, voilà mon fils, ajouta-t-il en montrant Saturnin.
— Ah! fit Marguerite en regardant Saturnin.
— Taisez-vous, lui dit tout bas M. de Paradèze.
— C'est juste, murmura-t-elle en baissant la tête, c'était là la dernière voloj de Césaire.
\\h AVENTURES
Aussitôt M. de Perbruck s'avança vers Saturnin.
— Eh bien, mon fils, lui dit-il... eh bien, monsieur le comte, êtes-vous toujours dans l'intention de quitter notre cause?... Voyez ce que vos hésitations ont déjà produit de troubles.
— Votre père a raison, dit M. de Paradèze, voulez-vous rester avec nous ?
— Eh bien ! soit, messieurs, dit Saturnin avec éclat. Mais je vous demande à tous, de vous rappeler un jour, chacun des mots qiii été prononcé dans cette
enceinte. Je réclamerai ce souvenir de vous, si jamais j'en ai besoin; puis-je compter sur votre témoignage?
— Assurément, lui répondit-on de tous côtés.
— Eh bien! donc, maintenant, reprit Saturnin, le comte de Perbruck est avec vous jusqu'à la mort.
— Nous y comptons...
Décidément Saturnin était tout-à-fait devenu le comte de Perbruck.
M 6 AVENTUlES DE SATURMN F1CHET.
— Ceci lève toutes les difficultés, dit M. de Paradèze, et nous pouvons déclarer que M. de Perbruck est notre chef.
— Pas encore, dit une voix sépulcrale.
C'était la Rouarie qui paraissait ap-
puyé sur Thérèse.
La Rouarie, chancelant, mais l'œil encore brûlant de vie et de résolution, s'avança jusqu'au milieu de la réunion et continua d'une voix vibrante ;
— Vous vous hâtez trop, messieurs, je m suis pas encore dans la tombe.