‹ Aventures de Saturnin Fichet (volume 3)Chapitre 9 sur 19 · SO AVENTURES · texte numérisé non relu

SO AVENTURES

il voyageait; elle, Marguerite, poussait péniblement la brouette, évitant les ornières, les cailloux de la route pour épargner un cahot à son amant, haletante épuisée, tombant quelquefois sous la fatigue, mais se relevant aussitôt pour reprendre sa route et ses efforts... Noble fille!

La Châtaigneraie s'arrêta et essuya une larme. ,

— Et vous? lui dit la Rouarie?

vous?...

— Moi, dit la Châtaigneraie en baissant les yeux, j'ai fait une lieue sur mes genoux et sur mes mains, car mes pieds ne pouvaient plus me porter.

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Tous ceux qui écoutaient ce récit avaient déjà beaucoup souffert, et cependant leur cœur se serra.

— Et cela a duré?... dit Thérèse.

— Une nuit et un jour, fit la Châtaigneraie! Enfin nous nous étions retirés dans un bouquet de bois, et nous avions perdu tout espoir, lorsque nous rencontrâmes ce brave jeune homme.

— M. Saturnin Fichet, dit M. de Perbruck, en qui la douleur ne pouvait éteindre la haine qu'il portait à notre aventurier.

— Ah! je comprends, ditlaRouarie...

vous aviez gagné le bois du Vire et ii allait à la Fosse-Ingant.

— En quelle qualité? dit M. de Perbruck avec insolence.

— Comme votre fils, repartit la Rouarie avec le plus parfait dédain.

— Mais il est temps que cette comédie finisse, dit avec violence M. de Perbruck, et je m'étonne que M. de la Ptouarie ait osé...

— Il me fallait envoyer quelqu'un de sûr à Désilles, dit sèchement la Rouarie. J'étais déjà malade et je n'avais près de moi que ce brave jeune homme à qui je pusse me fier. Désilles l'avait vu à notre grande assemblée. Je ne pouvais lui raconter la longue histoire de cet éternel quiproquo. Ce jeune homme est parti, il

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le fallait pour nous tous, et je l'attendais, car... Mais, reprit-il en faisant signe à Saturnin qui voulait parler, il nous dira tout à l'heure le résultat de son voyage. Continuez, la Châtaigneraie.

— Notre sauveur peut parler, dit la Châtaigneraie, car j'étais évanoui au moment où il nous a rencontrés.

— Eh bien ! dit Saturnin d'un ton dont la froideur et l'amertume contrastaient avec le caractère insouciant qu'il avait montré jusqu'à ce jour, j'allais à la Fosse-lngant, fort embarrassé du rôle que je joue, désirant trouver quelque partie comte Césaire pour lui remettre le brevet qui lui appartient, lorsque je

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