LIVRE XIV
test de perdre Un tel homme , s'il s'en rend ii^digne^ &ute de savcMt s'en servit*.
Pour les défauts des gens de bien y il faut leB savoir connaître et ne laisser pas de se servir d'eux. Redressez-les; ne vous livrez jamais aveuglément à leur zèle indiscret ; mais écoutes-lds fevorablement; hoboréz leur vertu; montre! àti public que voUs savez la distinguer; surtout gardez^vous bien d'étire plus longtemps cotantné vous avez été jusqu'ici* Les princes g&tés coikukie vous l'étiez, se contentant de mépriser les hom* mes corrompus^ ne laissent pas de les employer avec confiance, et de les comUer de bienfaits : d^un autre coté;, ils se piquent dé connaître aussi lés hommes vertueux; inais ils ne leiir donnent que de vains éloges^ n'osant ni leur confier les emplois, ni les admettre dans leur commercé familier, ni répandre des bienfaits sur eux.
Alors Idoniéiiéè dit qu'il était honteux d'avoir tant tardé à délivret* l'inhocende opprimée , et à punir ceux qui Pavaient trompé. Mentor n'eut niènffieaiiouQe peine à déteraiîner.ld soi kperdre son iav<M*i : oar ansskét qu'on éaft (parvenu à rendre les favk>ris suspééts et. importuns à leurs fAaicres, les princes, la^és et ettibarrassés^ te cherchent plus qu'à s'-en défaire : leur amitié
s'évanouit, les services sont oublies : la chute des favoris ne leur coûte rien , pourvu qu'ils ne les voient plus.
Aussitôt le roi ordonna en secret à Hégésippe, qui était un des principaux officiers de sa maison j de prendre Protésilas et Timocrate, de les conduire en sûreté dans l'ile de Samos^ de les y laisser, et de ramener Philoclés de ce lieu d'exil. Hégésippe, surpris de cet ordre ^ ne put s'empêcher de pleurer de joie. Cest maintenant, dit-il au roi , que vous allez charmer vos sujets. Ces deux hommes ont causé tous vos malheurs et tous ceux de vos peuples : il y a vingt ans qu'ils font gémir tous les gens de bien , et qu'à peine ose-t-on même gémir, tant leur tyrannie est cruelle; ils accablent tous ceux qui entreprennent d'aller à vous par un autre canal que le leur.
Ensuite Hégésippe découvrit au roi un grand tiombre de perfidies et d'inhumanités commises par ces deux hommes, dont le roi n'avait jamais entendu parler, parce que personne n'osait les accuser. Il lui raconta même ce qu'il avait découvert d'une conjuration secrète pour faire |>érir Mentor. Le roi eut horreur de tout ce qu'il voyait.