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fiégésippe se hâta d'aller prendre ProtésUas dans sa maison; elle était moins grande^ mais plus commode et plus riante que ceHe du roi : l'architecture était de meilleur goût ; Probésilas l'avait ornée avec une dépense tirée du sang des misérables. Il était alors dans un salon de marbre auprès de ses bains , couché négligemment sur un lit de pourpre avec une broderie d'or ; il paraissait las et épuisé de ses travaux : ses yeux et ses sourcils montraient je ne sais quoi d'agité, de sombre et de farouche. Les plus grands de l'état étaient autour de lui , rangés sur des tapis 9 composant leurs visages sur celui de Protésilas, dont ils observaient jusqu'au moindreclin-d'œiL A peine ouvraît-il la bouche que tout le monde se récriait pour admirer ce qu'il allait dire. Un des principaux de la troupe lui racon-^ tait avec des exagérations ridicules ce que Pro-i tésilas lui-même avait fait pour le roi. Un autre hii assurait que Jupiter, ayant trpmpé sa mère, lui avait donné la vie , et qu'il était fils du père des dieuxt Un poète venait de lui chanter des vers où il assurait que Protésilas , instruit, par les Muses ^ avait égalé Àpdllon pour tous les ouvrages d'esprit. Un autre poète, encore plu9
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tâche erphis impudent, Tappelair, daNi^âoçyers^ IHnTenteur des beaux arts et le père des peuples, cfuHl reodait heureux : il le dépeignait tenant en main ta corne d^abondance.
Protésilas écoutait toutes ces louanges dW air sec , distrait ^ et dédaigneux ^ comme un homme qui sait bien qu'il en mérite encore de plus grandes, et qui fait trop de grfrce de se laisser louer. Il j avait un flatteor^qui prit la liberté de lui parler k l'oreîUe, pour loi dire cpielque chose de plaisant contre la police que Mentor t&ohait d'établir. Protésibs sourit:
toute l'assemblée se mA aussitôt & rire , quoi* que la plupart ne pussent point encore savoir ce qu'on avait dit. Mais, PratésHaa. reprenant bientôt son air sévère et hsiutain , cbaicmi rentri^ dans la crainte et dan^ te sUence^ Phisieurst nobles cherchaient le moment où Prot^ifas pourrait se tourner vers eux et les écouter : ils paraissaient émus et embarrassés; c^est qu'ils avaient à lui demander des grâces : leur posture suppliante parlait pour eux ; ils paraissaient aussi soumis qu^une mère au fied des autels, lon^ qu'elle demande aux dieux la guérison de son (Us unique. Tous paraissaient contons, at|en-«
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drU , pleins cPadmiratton poi^rProtésilas, quoi«* que tous eussent conlre lui, dans le coeur, «ne ri^ implacable.
Dans ce moment, Hégésippe entm, saisit répée de Protésiks, et lui d^are , de la part du roi, qu'il va Remmener dans Me de Samos.
A ces paroles , toute l'arrogance de ce favorr tomba como^e un rocher qui se détache du sommet d^une moniagne escanrpée. Le voilà qui se jetta tremblant et troublé ^ux pieds d'HégéMppe; H pleure , il héshe , il bégaie , U tremble , il embnasse les genoux de cet homme xju'il ne djugnaît pas, une heure auparavant, honorer d'un de ses regards. Tous ceux qui PefîcensBiient^ le voyant ^ndu sane ressource, dbafigérent leurs flatteries en des insultes sans pMé.
Hégésippe ne voulut lui laisser le temps ni de faire sea derniers adieux à sa famille, ni de prendre certains écrits secrets. Tout fut saisi el porté au roi. Ttmocrate fut arrêté dans le même temps : et sa surprise fu( extrême; car H eroyait qu'étant brouillé avec Protésilas il ne pouvait être enveloppé dans sa ruine. Ils par^ lent dan» un vaisseau qu'on avait préparé : on arrive à Samos. Hégésippe y laisse ces deux
malheureux; et pour mettre le omible à leur malheur, il les laisse ensemble. Là, ils se reprochent avec fureur^ l'un à l'autre^ les crimes qu'ils ont faits, et qui sont cause de leur chute : ils se trouvent sans espérapcé de revoir jamais Salente ^ condamnés à vivre loin de leurs femmes et de leurs enfans ; Je ne dis pas loin de leurs amis, car ils n'en avaient point; On les menait dans une terre inconnue, où ils ne devaient plus avoir d'autre ressource pour vivre que leur travail, eux qui avaient passé tant d'années dans les délices et dans le faste. Semblables à deux bétes farouches, ils étaient toujours prêts à se déchirer l'un l'autre.
Cependant Hégésippe demanda en quel lieti de l'ile demeurait Philoclés. On lui dit qu'il demeurait assez loin de la ville , sur une montagne où une grotte lui servait de maison. Tout le monde lui pailla avec admiration de cet étranger. Depuis qu'il est dans cette ile, lui disait-on , il n'a offensé personne : ohacun est touché de sa patience , de son travail , de sa tranquillité; n'ayant rien, il parait toujours content. Quoiqu'il soit ici loin des aflaires, sans biens et sans autorité, il ne laisse pas d'obliger ceux qui le méritent , et il a mille