‹ Aventures de TélémaqueChapitre 8 sur 158 · LIVRE Xn · texte numérisé non relu

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division les sujets de peine que vous croirez avoir contre les chefs de Farinée où vous serez.

Je demeurerai ici, continua Mentor, pour secourir Idoménée dans le besoin où il est de travailler au bonheur de ses peuples^ et pour achever de lui faire réparer les fautes que ses mauvais conseils et les flatteurs lui ont fait commettre-dans rétablissement de son nouveau royaume.

Alors Télémaque ne put s'empêcher de témoigner à Mentor quelque surprise, et même quelque mépris pour la conduite d'Idomé»ée.

Mais Mentor l'en reprit d'un ton sévère. Étesvous étonné, lui dit-il, de ce que les hommes les plus estimables scfnt encore hommes, et montrent encore quelques restes des faiblesses de l'humanité parmi les pièges innombrables et les embarras inséparables de la royauté? Idoménée, il est vrai, a été nourri dans des idées de faste et de hauteur; mais quel philosoplie pourrait se défendre de la flatterie, s'il avait été en sa place ? il est vrai qu'il s'est laissé ti^op prévenir par ceux qui ont eu sa confiance; mais les plus sages rois sont souvent trompés , quelques précautions qu'ils piennent pour ne l'être pas. Un roi ne peut se passer de ministres qui

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le soulagent et en qui il se confie , puisquHI ne peut tout faire. D'ailleurs un roi connaît beaucoup moins que les particuliers les hommes qui l'environnent : on est toujours masqué auprès de lui; on épuise toutes sortes d'artifices pour le tromper. Hélas! cher Télémaque, vous ne l'éprouverez que trop! On ne trouve point drnis les hommes ni les vertus ni les talens qu'on y cherche. On a beau les étudier et les approfondir, on s'y mécompte tous les jours.

On ne vient même jamais à bout de faire , des meMleurs hommes, ce qu'on aurait besoin d'en f^iré^pour le bien public. Ib ont leurs entétemens, leurs incompatibilités, leura jalousies. On ne les persuade , ni on ne les corrige guère. Plus on a de peuples à gouverner,, plus il faut de ministres pour faire par eux ce qu'on ne peut faire soi-même; et plus on a besoin d'hommes h qui on confie l'autorité , plus on est exposé à se tromper dans de tels choix. Tel critique aujourd'hui impitoyablement les rois, qui gou* vernerait demain beaucoup moins bien qu'eux, et qui ferait les mêmes fautes, avec d'autres infiniment plus grandes, si on lui confiait la même puissance. La condition privée, quand on y joint un peu (Fesprit pour bien parler.

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