‹ Aventures de Télémaque suives du recueil des Fables. Composées pour l'éducation de Monseigneur le Duc de BourgogneChapitre 210 sur 228 · IX. la, patience et VéducoUon eonigent bien des défauts · texte numérisé non relu

IX. la, patience et VéducoUon eonigent bien des défauts

Une ourse avait un petit ours qui venait de naître. Il était horriblement laid. On ne reconnaissait en lui aucune figure d'animal : c'était une masse informe et hideuse. L'ourse , toute honteuse d'avoir un tel fils , va trouver sa voisine la corneille , qui fsdsait un grand bruit par son caquet sous un arbre. Que ferais-je, lui dit-elle, ma bonne commère, de ce petit petit monstre ? j'ai envie de l'étrangler. Gardez-vous-en bien, dit la causeuse : j'ai vu d'autres ourses dans le même embarras 'que vous. Allez : léchez doucement votre fils ; il sera bientôt joli, mignon, et propre à vous fsdre honneur. I^ m^ crut facilement ce qu'on lui disait en faveur de son fils. Elle eut la patience de le lécher longtemps. Enfin il commença à devenir moins difforme , et elle alla remercier la corneille en ces termes : Si vous n'eussiez modéré mon impatience, j'aurais cruellement déchiré mon fils, qui fait maiih tenant tout le plaisir de ma vie.

Oh ! que l'^patience empêche de biens , et cause de maux !

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