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s'entretenir avec elle sur don José, j» Lady Hac-Morth ne demandait pas mieux que d'avoir avec la présidente de Gazây, dans laquelle bien certainement elle retrouverait la dame du parc, toutes les conversations imaginables ; mais comment pouvait s'accomplir son désir et celui de là présidente? Et celle qui sollicitait le rendez-vous, et celle qui voulait Taccepter, n'étaient-elles point captives toutes deux?
La femme qui avait remis le billet se chargea de procu*' rer aux prisonnières Tentretien qu'elles désiraient. C'était une ennemie du majordome-geôlier, puis elle s'inté-» ressait aux deux dames; enfin, elle avait sans doute, comme la plupart des femmes de son rang, et de tous les rangs pour bien dire, le goût des intrigues, des menées, des choses difficiles, périlleuses et secrètes.
Le fait est que, grâce à cette officieuse personne, lady Mac-Morth et madame de Gazay eurent, une nuit, dans un coin du parc, un entretien mystérieux. Biles découvrirent une terrible chose. Ce don José, qui était si peu avancé dans la vie, et dont le visage se recommandait par une expression d'ingénuité, ce don José avait une âme aussi effroyablement trompeuse que Tamant d'Elvire, le fils de don Louis, le convive du commandeur. Il avait fait à la présidente et à Pamirale les mêmes promesses. Bien plus, s'il fallait en croire les rapports de la femme qui se chargeait des entrevues et deç billets, une troisième beauté était débarquée récemment dans l'Ile, et avait été aussi emprisonnée dans un bâtiment du château.
Quels pouvaient être les projets de Temera? On se perdait, en conjectures. Reviendrailnl trouver ses victimes?
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ConipUiiMI les abandonner? Ce qui était certain, quelque parti qu'il dût prendre, c'est qu'il était coupable de la plus noire perfidie. Ainsi/ dii moins, raisonnaient les deux captivés, qui, dan& leur indignation, ne tenaient aucun compte à leur amant de toutes les magnificei^ce» rassemblées autour d'elles pour leur faire prendre en patience leur capitivité.
A cette première entrevue en succéda une seconde, et dans celle-là ce furent de bien autres transports de courroux. La nouvelle annoncée la dernière fois était certaine. Une troisième beauté habitait le château. La dangereuse suivante qui avait déjà fait un si irréparable tort aux desseins de don José promit à madame de Gazay et A lady Mac-Morth de les faire trouver avec leur rivale. Cette rivale était mademoiselle Ottilia de Ferbruken , la fille d'un baron allemand, au co&ur doux, limpide et tendre comme son regard à la fois virginal et amoureux.
Ottilia s'indigna moins que ses compagnes, mais elle eut un chagrin qui 'couvrit ses joues de perles. Elle pleura beaucoup. Il fiit convenu entre les trois femmes que, si don José osait se présenter à elles, on le recevrait d'un air qui le pénétrerait de confusion et de douleur, s'il avait encore quelque sentiment d'honnêteté. On ne s'en tint pas à cette résolution. Lady Mae-Morth et la présidente (Otdlia ne voulut pas être du complot) jurèrent qu'elles se vengeraient de celui dont les lèvres et les yeux avaient été si perfidement menteurs.
Tandis que ces réunions secrètes avaient lieu, que ces projets de vengeance se formaient, le moment arrivait où devait s'exécuter une volonté bizarre de don José.
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Un matin, lâdy Hac-Morth vit entrer ches elle le personnage qui gardait les beautés prisonnières de Tlle. Cet homme lui dit, après Tavoir profondément saluée,, qu'il la priait de le suivre dans un salon, où on lui remety*aitune lettre de don José. Lady Marc-Horth obéit en silence à cette .invitation. Elle parvint, sur les pas de son guide, à un salon qu'elle ne connaissait pas, décoré avec la magnificence fabuleuse qui régnait dans tout le chAteau.
Dans ce salon se trouvaient déjà la présidente, Ottilta, et, faut-il le dire? une autre belle encore^ qu'on n'avait point découverte ou qui venait d'arriver. Cette belle avait des cheveux blonds comme rÂllemande, quelque chose de moins rêveur et de plus calme dans le regard. C'était aussi, comme vous allez voir, une fille du Nord; elle était née dans la ville des tulipes, à Harlem. On se Timagine, la vue de cette nouvelle figure ne disposa point lady Mac-Morth à calmer sa colère contre don José. Elle prit, d'un air irrité, une lettre quon lui offrit dans UR vase de vermeil rempli de fleurs; sur cette lettre, la main de Temera avait écrit ces mots : <( Je prie ma chère lady Mac-Morth de lire à haute voix, devant madame la; présidente de Gazay, mademoiselle de Ferbrukèn et ma* dame Van Uendam, Tépltre qui est entre ses mains. »
Lady Mac*Morth regafda un instant ses trois compagnes, auxquelles il n'était point difficile d'appliquer les noms écrits sur le billet ; avec un nouvel élan d'indignation, elle songea aux motifs qui avaient sans doute en- . traîné don José en Hollande^ puis elle. lut rincroyable lettre que voici à peu près ;