‹ AventuresChapitre 12 sur 46 · LES CONQUERANTS • 7I · texte numérisé non relu

LES CONQUERANTS • 7I

libre de tes actes, moi des miens. Donclaissemoi ; que cette épée ne t'enseigne pas que nos amis sont souvent nos pires ennemis.

Je m'étais trop longtemps attardé ; les autres cavaliers m'avaient devancé et le désir que j'avais de les rejoindre abattit ma fureur. Je repartis. Marc était tout en avant des nôtres ; ses mains ne brandissaient aucime arme ; il faisait des gestes pacifiques. Une flèche le frappa et il tomba. J'aurais voulu m'arrêter et lui rendre un pi eux devoir; mon élan rapide m'entraîna plus loin. Il n'était plus temps de revenir en arrière.

Je me suis jeté courageusement dans la mêlée. Couvert de coups, je suis resté couché parmi les morts amoncelés au pied des remparts. J'ai appris que Firmin, après avoir consenti à la paix, était entré avec les siens dans la ville en fête. Pendant la nuit, ses émissaires avaient jeté dans les maisons des torches enflammées; et, profitant de la confusion, on avait massacré tous les habitants.

A longues et lentes étapes, je suis revenu dans ce château où j'ai vécu à guérir mes blessures. »

Le vieillard avait achevé son récit. Et ses petits-enfants, des hommes, des enfants pourtant, ne songeaient ni à Marc, ni à Taïeul, ni à Firmin, ni à Agloval (quelles histoires ont jamais empêché qu'advienne ce qui doit advenir) ; ils songeaient que le chêne aux larges branches sous lequel ils étaient réunis formait une ombre bien étroite.

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