‹ AventuresChapitre 18 sur 46 · LE VOYAGE DE THILDE I · texte numérisé non relu

LE VOYAGE DE THILDE I

— Mais, dans la mer, il y a des îles et de l'autre côté de la mer d'autres royaumes. J'ai appris que la mer est très belle et que ces lies et ces pays sont extraordinaires. On y voit des fleurs grandes comme des arbres, des oiseaux de toutes les couleurs, pas plus gros que des noix, des hommes jaunes, ou rouges, ou noirs. Oh dit qu'il y fait toujours soleil, toujours chaud, et que, plus loin encore, sont des contrées où il neige toujours et où il fait toujours nuit.

Et les joues de Thilde s'empourpraient en parlant.

— C'est vrai, dit Bathilde.

— Tu n'y es jamais allée?

— Non, jamais.

— Pourquoi ? Ce doit être très amusant de voyager.

— Peut-être. Nous, nous ne le pouvons pas.

— Parce que nous sommes princesses, je suis

sùrc. Alors c'est bien ennuyeux d'être princesse.

Bathilde pressa sa fille contre elle. Mais Thilde continua :

— N'est-ce pas, maman, là-bas, dans les champs, il y a des petites filles qui gardent les troupeaux, pieds nus, avec de vieilles robes, et qui courent, et qui ramassent des fleurs, et qui font tout ce qui est défendu. Toutes les petites filles ne sont pas des princesses.

— Ces petites filles ne sont pas heureuses.

Thilde fit une moue incrédule et demanda :

— Pom'quoi ne nous promenons-nous jamais dans la grande barque qui est traînée par un cygne doré?

— Ton père ne le permet pas. Tu vois bien qu'elle n'a point de rames.

— Alors à quoi sert-elle ?

' — Elle est là pour ceux qui doivent aller ailleurs; nous devons rester ici.

Thilde baissa la tête.

Un matin, Thilde sortit à pas légers de la villa. Tout le monde dormait encore. Thilde

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